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MEMOIJ^ES
DU PRINCE

EUGÈNE DE SAVOIE.

iCRITS

I^AR LUI - MÉM£.

A PARIS,
;

£T RÉIMPRIMÉ À I^ONDRES^

PourL. Dbconcht, Libraire, No. , New Bond-Str«et

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'

AVIS DU U>RÀlli]&

léserait superflu de faire ici l'éJo^Q doy.

MSMOIBEM poPaXHCB ED(|Eir](; ils $ç


recommandent d'eui^-mêmes : m>uft«]fi%v

liions d'ailleurs ce soin Biogr^pi^esi ac<?

coutuoiés^ à traiter de pareille^ m^t(^rç§,-


Nouç nous boraçji^oijsàdireçmerOuvfi^gç
que nous offrons à nos Lectews alejqiék,
rite d'être purgé des ikut^i noqi^bj^v^
qui déparent bringdadabeer.com4^tioi]i fion^é^ ?W^^
par, par le &^au dUnd)4^j^^«^ lâû^
Nous y avons rét^l^li^lesnq^sd'ijiQinmesy^
de villes, de rivières, etc., d'après les

ireilleurs Dictionnaires historiques et


géographiques;* no'us' y avons corrigé

^ne foule de ponctuations, qui altéraient


totalement le sens, et déparaient une

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Vj 4yi9 VV bringdadabeer.comS.

production si piquante et si originale.

Efifin, sans chercher à corriger le style

du FrÎDce £ug£N£, qui na point prc*^

tendu faire un Livre, nous m us spmaies


vus, quoique raiexueu., dans la néces-

sîté de changer quelques mots, dont la


répétition, trop rapprochée, eût fatigué

le Lécteun-
'
Le portrait de ce Héros, qui raconte,
avec autant de modestie que de vérité,

se$ succès et ses fautes, joint à la beauté


des caractères et du papier employés
pour cette Edition» attestera les effi[>rts • '

qtie novs avoiis faits pour que cet Ou*'


vrage fût digne de figurer dans les Biblio-

thèques des Militaires distingués/


/

DE LÉDITION DE WEYMAR,
()

7ousceux qui ont connu Vienaesaventquele comte

de Canales y a été ministre du roi deSnrdaigne pendant


près de .trente aos. Une de ses ÛUes y est mariée au
grand-Tenenr, comte de Hardeggy et une ou deux ann

très sont chanoinesses. DcM^kteniBqal suivit la ni)]^


du Prince Bitoène, et précéda farrlvée «fta cumte de *

Çanales, une nièce du Prince £ugà.N£, mariée <

prince de Hildbourghausen, héritière de son qncle^»

avait une maison ezceUente, et tenait presque ^iiiiei •

petite cour à ce jardin du prince, qu'on appelle à


présent le Belvédère, Le, eoftite de t/a^iales y fiit

présenté le lendemain de son arrivée j elle s'attacha

bientôt à ha, non-seulement comme aa ministre dû *

roi^ son cousin, mais aussi comme à un homme très-

aimable, très-^mstru^t, et qui cherchait toujours ,


à
Ictre davantage* La mémoire du prince Euqànk

Digiiizea Dy Google
viy pe|face.
étant bien fraîche encore^ il en circulait dans la sociét^

Iwaiiocrap de im>ts, dê tfwtl» ét d'aieedotes.

Le tomte de Caliales recueillait tout avec avidité»

Un £ditear dans le génie de ceux qui, a présent, mys*


tiûent les vivans en faisoAt parler les morts, aurait beau

jeu de faire dire à celui-ci tout ce qu*il voudrait. Je


ne sais si le con^ta de.C^aal^s a écrit ce qu'il a appris

par une tradition très-récente ; mais* rien ne s'est

trouvé dans ses papiers. C'est dans ceux d'un auti^e .


que ce qu'on ya lire l'a été, et voici coE&ment :

La princesse d'Hildbourghausen, apiès lui avoir

raconté quantité de choses sur son oncle, lui dit :

Pour les ftitsde gùene,1foai m*eA dispenserez. En •

voioi un petit ttbrilgé, écrit de la maiii du prince


f^
ea partie, «itresa demière^ampagne et sa aiort*

" Ne le gardez pas j lisez-ie avec attention et rendez- .

'* le moi ensuite."


r . . . . .

Je crois que le comte de Canales ne se pressa pas ;

ce qu'il y a de sûr, c'est que ce manuscrit était eoeoie


entre ses mains, lorsque cette princesse mçurut^ en

^ ou , à ce que je crois.

Il n'en fut pas question pendant très loug*tems ^

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il le prêtait^ oa le lui rendait. Le .général de o»vakne^
comte d'OdiMteli oiitsle; à k tnode de Bretagne» Ûu
comte Odooeii qui e&t présentement à Vieoae^ w'^

dit I -avoir lu.

Pendant pl«&de vingt ans^ le comte de Canales pas-

sais ti^tafeear MS soirées avec le fameux Métastasio ei


îë baron de Hageo, qui est mort président du conseil

anlii|ae» il y a sept à huit ans. Tantôt c'était les ela»*


si<|ues sérieux qui les occupaient ; tantôt^ c'était les

aimafaièsde tbnfes les litD£itU»i% et langues qn'ila

possédaient* .

• Ua«inideMontS8C|faiett«.ralftbéGuasco»coinmePié«

montais etlHMnmcdeléltRs^ ôdot^dansanz soiféesifo

èooite de Canalesj Joniqn'il revenait de Parifi ou d«


Toumay, où il avait un canonicat. Un jour que tout
lés ^datre donnaient dans i'bislôivej il fut qnestion da

prince Eugène. Voici, du ie comte de Canaies, ce


" que j'ai recueilli de sa vie privée et militaire; vous
l'écoutcrez et ne remporterez pas. Je ne vous don-
*^ nemi pas le prince en robe^ê chambre ; maïs je -veux
^ bien vous le mônlrereu oa$<que et en cuirasse, dit-»ii

^ en «'adressant à'I^bbé de Onasco, pour l'instruction


de yotre ii'èie \ qu-ii l'étudié ; il en aurabesoiu/ puis^^

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X PRÉFACE
qu'il vient d*ùtte nommé quartier-maître«général de
^'i^annéé du maréchal Daun/' Par côntéquent cette

conversation doit avoir eu lieu ai( moi» de féviieir-

Bien des gens, qui vivent encore, peuvent certifier


Fexactitude de ce que j'avance, et surto>ut ceUâ des

dates ;
cai jesuis très-scmpuleux là-dessus. £n voici
linque j'ose interpeller, s'il existe, ainsiqueje l'espèi^
v
car il se rétablissait d'une grande maladie, il y a deus
ansj; à MoToo, petite nUeduTicol, oà,clias8éderita«
lie,j'ailai porter mon petit bagage, ma triste existence

et mon émigration. S'il est mort, sa fille ne l'est pas ;


on lui avait promis de la iaire cl^noinesse de Halte.
Elle ne se refusera pas à certifier tout ce que je di^i

ici ; car elle éxait présente à mes conv^xsaùonsL avec,


•on' respectable père, âgé de quatre*-vingt- douze ans,

M. de Ferraris, msypr pensionné, jadis aide«de-camp^

du général d'infimterie, cojni^e de Guasço.


On commence à voir la filiation de ce que je viens


de faire imprimer, et -comment cela pan^t au grand*

jour. Besoin d'argent de ma part, ancienne curiosité


militaire, reconnaissance de mes soins de sa part, et

indiiiérence d'un mourant sur tout ce .qui pa^se

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DE l'édition XIE VE7BIAR. xi

àaUnif de loi, Yoîià €^ qm me valut ce don ma*;


gniâquc^ qu'il me fit d'uue voix presque éteintes

P'ailiew^ il avàit fiisnii rendre dans titie peû»,


yiHe c|u TirQi; point d'^hôteursl Ce boa M. de»

Ferrarifli doûnait ou ïàmnt prendre* Quelques-nitt


<]e ses vieux aqiisy officiora retirés cQnime Ivà, se je-,

tèrentivr ses fivxcs ; un général autrichien^ em ployé

àlospmck, sur .ses partes;' et 'moi^ quoique je

qojxipte point avoir d'armées à commander, sur ua

manusqrit^ qiîe le titre me rendit'précieux. Il était

d'une longue et mince écriture, dont on peutconsta*

ter l'authenticité en allant regarder sa signature aa


conseil ivulique de guerre, à V ieune.

Du reste, il n'y a que les conversations qu'il a eues

avec les uns et les autres, les réflexions et la dernière

année, qui sont de sa main. 11 parait qu'il avait

*
dicté le reste à un secrétaire.
#

• « »

Ce major Ferraris était un homme de beaucoup de


mérite, qui avait la confiance de son général, dont

il partagea 1*68 dangers, et aida les travaux au siège

de .Schweidnitz, en Il y concourut Sautant


plus, qu'il rétablissait souvent l'intelligence entre
M.
de Guasco et M. de Gribeauval, célèbre ingénieur

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îGnttÇfiM* dm fef diffÉieftch qui sânricniMÉttoojoiif»

CiiUft les QoaumuidaDs, d^mt Taotorité n'cpt praïque

jaiâaiflbieit ébUbnaâaécr^ et il kéiiladc tomn lesplaos

un ou deux aos après^ je crois, à Kœnigsbérg. Dé«


potitwre de oe ina^iiMrk, je Vàk d^«ié entre les

maiaa de Georges Conrad Waldhufg-, ïihim^ïvà^

fàaâïo. à Klagenfort, oè l'en peut voir ec eoMokef


récriture* du pnoçe «£uoàif et par là ^onsteter

Mln àttthemicîtié. Voici la necoonaissaoce que j'ai

de sa part de ce précieux manuscrit :

Je reconnais avec gratitude que Monsieur N»^


"officier français éo^igré^ a mis ce manuscrit du
Prince Eue i n b en ou possession. A Kleg^furtl^
"le janvier lb

Geoboss CON AAD WALDBU RG.

Je ne sais si quelque homme de la chancellerie di^

prince n'a pas tiré copie de cel ekoeUent oBfiage» qni

aura servi de canevas à ri^istoire qui a été réimprimée

à Vienne, ches Bri0mi, icn Il y bringdadabeer.com^

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tiOBi dant k^èfece^ de quelqnet mmimicrilt qtn taH
été trotttéfl à'V
ment iivoilr été do aoiabve. ^îgnove ce que fAmeitf
a entendu par ces mots : Je pourrais me servir de et
qui était écrit du prince Eu c^ènb en kogve die-
^ mande*'' A-t-il voulu dire ou faire croire que le

prince a écrit en allemand î J'ai déjà prouyé plus

haut qu'il n'en savait pas assez pour cela ; je crois que

c'est un Monsieur Lazzay qui a été auteur ou impri-

meur d'une histoire en cinq volumes, ou un Monsieur

On trouvera au moins, dans le stjle du prince, un

«r militaire qui Ta bien à ta physionomie et à ses ac-^


tiens. Une preuve encore de la vérité de ce manus-

crit^ c'est qu'il y adu^rab&chagede vieilkrd ; des répé-^


tions qui ne sont pas d'un auU^ur ; des négligences qui

aesont pas d'un bonime de lettres ; rien quinesoit d'un


homme de guerre; un ton qui siérait mal à un autre,

mùs qu'on peut passer à uti soldat^ qui n'en a pas

toujours un excellent, et quelquefois trop familier.

Son stylci tel qu*il est^ est dair et concis, ainsi que
sa conversation, à ce que m'a dit 1^ général prussien

Xcntulus, retiié à Nenfchfttd^ où il est mortdaas un


Xiv PRÉFACE DE L'id|kITlON DE WEYMAR.
âge très-avaacé. Il avait servi sous lui^ dans sa der*

nièt^e campagne sur le RbiQi où bringdadabeer.com accompagné


le grand Frédéric, alors prince Ro^al. Voilà bieu

des ùàîBf des dates et des noms qu'on peut confronter


|

il n'y a que le mien que Ton në saura pas.

".»

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PRÉFACE

DU PRINCE EUGÈNE.

Il y a, à ce qu^on m'a dit, plasieurs ma-


nuscrits italeas et allemands sur mou
compte, que je n*ai ni lus ni écrits. Un
qui s'appelle Dumonx, a fait
flatteur,
imprimer ua grand in-folio, qui s'ap-
pelle : Mes Bataillen. Il est bien am*
poulé, ce monsieur-là ; il fait l'aimable

aux dépens de Turenne, qui, à ce qu'il


dit, aurait été pris à Crémone en ,

OU tué à Hocbstet en , s-il avait eu


affaire à moi. Quelle platitude (
Quelques historiens, bons ou mauvais,
se donneront peut-être la peiue d'entrer
dans les détails de ma jeunesse, dont je
ne me souviens presque plus. Ils parle-
ront sûrement de ma mère, un peu in-
trigante à la vérité, chassée de la cour,
. exilée de Paris, et soupçonnée, je crois,
de sorcellerie par des gens qui n'étaient
X
inri ntirACK de l'auteur^

pas dé grands sorciers. ^Is diront com^


ment je ne en France, et comment
suis
j'en suis sorti, la rage dans ]e cmm contré
Louis XI \', qui ?n'a refusé une Compa-
gnie dé cavalerie; parce que, disait-il^

j'avais unecouiplexion trop faible ; et une-


abbaye, parce qu'il prétdndàit (sur je né

.
saisquel tnau vais propos sur mon compte,
ou fausses anfecdotes de \A galerie de Ver-*
que j'étais plus fait pouir le plaisir
sailles)

que pour Téglise. Il n'y a pas de Hugue-


not, chassé par la révolution del'éditdé
Nantes^qui lui ait conservé plus de liaine.
Aussi quand Louvois, a pprénant mon dé^
part, dit : " Tant mieux, il ne retourner^
•« plifti dans ce pays-ci," je jurai bien de
n'y rentrer que les armes à la main. J'ai
tenu tiia parole;
J'y suis venu de plusieurs côtés ; dé
n'est pas ma faute, si je n'ai pas été plus'
àvant. Sans les Anglais; je donnais lalot
dans la*capitale du- grand monarque, et-

je faisais enfermer dans un tduVent sa


Maintjenon pour tonte sa vie.
'

. PRÉCIS

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, PRECIS
DE LA VIE

DU PRINCE EUGÈNEi * •

()

jAiiAislaCour ne fut plus triste que cette année. Je


fis bien de partir. C'était celle de la dévotioo tie
Lqm ^IVf pour avoir perdu «es deiuip làh, le comte
de Vexin^ le duc de Veiœandqis^ Colbert la
Reine.

Le Roi très-chrétien, qui, avant d être dévot,


secourait les Chrétiens, en , contre les Is-
iidèles, devenu pourtant un grand homme de
bien, les agaçait contre l'euippreur, et soute-

nait les rebelles de Hongrie. Sans lui ils ne se-


raient jamais venus, les uns et les autres, aux
portes de Vienne. Pour ne fm en avoir Tair, il

n*osait pas défendre tout-à-fait, aux jeunes


princes du sang, d'aller se distiugMcr dans cptte
guerre. Je partis avec eux, ennuyé d'être appelé
le petit Abbé de J^ouis XIV. Il m'aiQiait assfi&

Cédait peut-être par conscience qu'il m'avait


refusé cette abbaye. Ce n'était pas des succè»
B

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. (2)
d'égliie ni de cour que je dé»irais : j*en avais

assez de société ; tuais j*en voulais à la guerre.

Enfin, à vingt anq» me voilà au service de Léo?


pold I.*',. sans il le sache. Il avait fui de sa
^^tAitf ettm slégf eçi la bataille da ViùOùê.
Je crus d'abord, à la première vue, qu'il valait
niieux s attacher a^ doç d^Lprraineet au prince
Louis de Bade, qu'aux deux électeurs de Ba«>

yièrc et de Saxe, pour apprendre mop méti^.


L\m et Fautrle me firent &ire bien des courses^
â\ine attaque à l'autre, et porter des ordres» danç
les endroits les plus chauds.
Le duc de Lorraine n'employait, m'a-t-ondit,
les jours de bataille^ que des générau;^ auprès
ëb Itti^ pour ^iter 00 changer nfème un ordre,
S^ leftiHitft. Je fus sensibleàcet hônnéûf : il pa-
rut content de moi. On ne peut que confusion^
flShheht l'endre trompte de la confosién'de tette
journée. Sobiesky servit la messe, les bras en
èiroix, dàtM l église du Léopoldsblerj^. Les Polo^
nais, qui y avaient été grimpés, je ne sais pour-
quoi, «o descendirent comme des foos^ etsci
bttttaieiit'comme ties lions.
lies Turcs, campés où je fis faire les lignes

éà'iiés, -ne sachant où taire front, ayant négligé


les hauteurs^ se conduisirent comme des imb^*
^ileiB»

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>
L'empereur revint ; je lui fu» présenté*

«)'aani8iJ beftOMip 4e ^ fière entrevue avec

ie roi de Poli^ne. Comm vi^oataire, j é|iu%


«née les pfaM poosiés» ilU fkoiirsiike des Tuits.
'
Nous allioas grand train ; et pom* fiécoior

IptnBCt» Kiift^ÎD étatitmor^ fi^ ler» dpoM aiobi


réglmentde Dragons le 1 ] décemlwe» Trois mok^
jour pour jour après gmade viotoir/i^ jt^uia
Je plus bioreo^p desbommee^ et je seri «e w it
<lac dfinLornpQCi

()
AlPStAs avoir yris» aveç luî« Vic!!9gred, Gifkf
et Weitzen, et un glorieux cooibat près de cette

deriiiève pl^ce, mu9 en avoJ9& w i|p aulre plus


eoosklërable pris de l'Se de SaîotTiàndcé. Qû
dit que je fis une aa$e^ be})^ manœiiivrei à
tite de Qieo régitnent, et ^«elu mt Ics-T^voi
en déroute. Oo te$ hachait à^re plaisir. Leduc
de Ixutiiiie amik assuré soo qs^bru par i|d uui^
rus; 8a gauche, par le Daaube;, sa dr^ut^ par
une montagne iHopraticable.
• ISîtsm mtci aasiége de Sudf. fifUpooup de
sorties meurtrières par dix-huit mille homoiesi
dûuze mille eiriveol» fo altemMi^ d«u¥ ep
4* 4

t
*

(4 )

trois fois plus peur noqs attaquer. Lf duc se

presse de les battre, et a la bonté d'écrire à reour


pereurque jy ai le plus contribué. Le prince
«

^uis de Bade me mange de carjesses.

Le siège se poussait vigoureusement: jy a&


trapai^ en visitant la tranchée, à côté du prince
de Salo^ ma preipière blessure, une baUe ai|

travers du bras.

On crut que le mpment de Tassapt général


était arrivé; il ne réussit pas. Chaque attacque
'
fut repoussée. Il y eut je ne sais quelle «altercar

tioa paroii les premiers généraux. Çela vient


souvent de leurs alentours. H ya des commé-
rages de quartier-général comme de société.

Enfin, après avoir perdu trente mille hommes,


le duc de Lorraine leva ie siège le 1." novembre.
On raisonnait et déraisonnait à Vienne. On
crut que c était faute de bons ingénieurs, comme
disait! un; noni disait 1 autre, c'est n^échanceté

de 6uido8tahrenberg, qui avait déconseillé le

^iége. Un troisième disait, malice de comtnissa*


riatou de minibtres, en faisant manquer les as-
siégeans de tout cçqui était le plus nécessaire,
pour aifaiblir le crédit du duc de iK>rraine^ dont
on était jaloux. Pour moi, encore assez insigni-
fiant, et, moyennant cela, bien avec tout le

IpOjMle, (ce qui arrivé surtout lorsqu'on est

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.bien jeune) je. conservai ^amitié de mes' deux
maîtres, Lorraine et Bade, quoique celui-ci se
brouillât avec celui-là, secondé par Télecteur,
qui ne m'en aima pas moins ; et j'allai passer

Thiver à Vienne, où je fus rcj^u à merveille.

;
()

Le mariage d une archiduchesse avec TéleC-


teur de Bavière retarda l'ouverture de la eaio*

pagne. ^Belle raison Le duc de Lorraine và rel-


î

connaître Novigcade. Les princes du sang de


France et de Lorraine, et des volontaires à leur
suite, qui arrivaient de Paris, se mêlent à Tes-
Gorte.' Les voilà à agacer les Spahis le pistolet à
la main, et des tètes françaises qui tombent sous
le sabre des Turcs. Je sauvai les autres avec mes
Dragons, queje fis arriver à propos. Charmé de
me retrouver avec tous ces jeunes gens de mes
anciens ami% et trop jeune moi-»mAne pour les
gronder, je n'en fis rien ; mais le duc de Lorraine
s'en chargea. Il les tança d'importance, tout en
approuvant, dans le fond de son cœur, la jolie
et bouillante audace de ses cousins, Gommerci
et Thomas de Vaudémont, qui dans la suite ser*
'
virent avec tant de distinction sous mes ordres.
Après un mois de tranchée devant Neuhausel»

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(6) ,

eomme On roiilait donner l^snut ta i^btaifti

QOuvert, on apprit qu un aéraskier arrivait avec


soixante mille boaunea; qu'il a refnis Vicegred,
et qu'il assége Oran. Noos y manehAam, et il
leva le siège à i'approcbe du duc de Lorraine,
qui avait laissé CapraradevantNeubauseL Mais
voici ce qui arriva.
*
Ce sérasider s avise de prendre un poste ex*
cellent Le duc hii bit dire, parles gens du pays,
qu'il n'a que vingt mille hommes, et qu'il se re;- -

tire mourant de peur. Le bra Turc le eroit Le


duc s'arrête à une merveilleuse position ; je suis
au GentrCi sous le prii^ce de Bade» avec mes
Dragons, pied à terre, L^Ieeteur de Bavière
-commande la gaucbe ; le duc» la droite, devant
laquelle les braves et jeunes étourdis» dont j'm
parlé, obtiennent, avec bien de la peine, de
rester en petit escadron. lis préviennent ka
Turcs, qui les attaquent avec une fîirie et des
cris épouvantables; mais ils sont entourés : nos
Cuirassieis. les dégagéat Le duc left soutient lui»
même, et est victorieux à son aile, comme l'é*
lecteur de Bavière à la menne» et le prince Louis
au centre, où je le seconde de mon mieux. Le
prince d'Hanovre et le comte de la lippe culbu^
tent lee Turcs dans un matais. C'énA trois ou
qufLtre ipandss bia%iUe& dans ude* Le sénukier

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est blessé à la cuisse ; il 8 arrache la barbe^ parce

qa'il est ebUgé de fair*

Nous voilà, eneore de^nt Neuhaase), le ig


du mets d ao6c La brÊche est taite. Coauaerci,
iNiivi âes jeunes voloatakes, y paratt le premier
à la trouée de* la muraille^ et y arbore, avec le

baron d'Asti, le drapeau impérial. Le bcM:ba et


la garnison sont massacrés. Le séraskier brûle

et rase NoWgrade, Vicegrad et Weitaea ; et-moî,


je pars pour passer rbnrer à Vieane.
«

Cest alors que le prince de Bade^ me prenant


par la main, dit à l'empereur :
" Sire ! voici un
"jeune Savoyard** Je a ose pas dire le reste
par modesâe. La tracasserie de Tannée préeé>
dente fit qu'on y prit garde cette année-ci : nous
fèmes à merveille.
servis Le IS juin, nous
commençâmes le siège, le prince de Bade et

moi| sous rélecteur de Bavière. Noua donnâmes


tous les tms Tassant i une tour importante^ tx
nous nous en rendîmes maitrea.
Le â6 juillet nonsbatthnea de cette tour 'le
cfaftteau de Bude eu brèche. Nous comptions y
entrer. £oint du tout 1 «trente mille Turcs ibnt
«ne sortie; j'ai mtehevu) tué sons moK Bfû

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(8)
fois nous pénétrons» l'épée à la uiain, dans l ia*

térieur du château ; deux fois nous sommes re*.


poussés. Le prince Louis et moi, nous sommes
blessés. Un Stahrenberg, un Uerberstein et un

Kaunitz sont tués et ou est obligé de remettre


!

à un autre Jour Tassant général. Je n en lus pas

malheureusement; je fus chargé de garder les


bgnes menacées par une armée nombreuse,
.poste de confiance à la vérité, ainsi» que Ton
me le dit Mais ce maudit Grand-Vizir, paisible

sur. une hauteur, n osant pas m attaquer, je ne


sais pourquoi, vit; avec piu^ de sang froid que
moi, prendre et saccager sous ses yeux la place
la plus importante.
Le prince Louis et moi nous allâmes, par
ordre du duc de Lprraine, prendre Cinq-églises»
Calocza, Simonthorna^ Kaposwar et Skklos ; et
ensuite brûler à Eoseck le pont, qui avait six
mille pas de long sur vingt-quatre dé large.
L'armée prit ses quartiers d'hiver.

J'allai passer le carnaval à Venise avec mes


ehers volontaires et princes français, ainsi que
presque tous les autres princes qui étaient à
notre armée, et quantité de généraux; ;

Ils y devinrent presque tous amoureux ; le


duc de Mantoue était pis que cela, il y fut bien
libertin. Je ne fus ni Fun ni Tautreu et m'amusais .

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(9)
beaucoup de voir ce prince aussi brave avec les

Vénitiens qu il était poltron aveç Ifi» Turcs,


Uélectettr de fiaviàre était si tendre,
. m'eût dégoûté de Têtre si j'en avais eu envie.
. Cette mobi^té de cœur influait sur la mobilité
de son esprit pour ses opinions et le parti qu'il

prenait; je jugeai dès-lors (et je m en .suis biea


trouvé) les grandes amours insipides et ridicules

faites pour les oisifs» et les petite;s. trop peu glo-


rieuses.

Morosini nous régala à merveille. Tous les

jours fêtes cbarmanttes et magnifiques sur terre


et sur mer. J'y vis des femmes plus entrepre*^

nan tes qu e des généraux» Comme tout a une fin»


je m'en allai passer le reste de la mauvaise saison
à Vienne.

() .

C'est alors que le duc. de Lprraine écrasa les


ennemis de Jésus-Christ, et ceux à qu'il avait

Tarmée et à la cour» dont je ne fus pas^ quoiquà


merveUle, avec l'électeur et le prince Louis qui
étaient de ce parti. Le duc marcha au Grand-
; Vizir pour l'attaquer. ^ La prudence chez lui égpi-
lait la valeur. Il fit servir Tune et l'autre. S'étant
. trpp avfincé, vu Te^c^lleute position des Turcs
( 10 )

(car ils se retranchent à merveille d'abord ea

arrivftntX il m rougit pae de Be retirer. Cela-est


•dièrevx «îë4^via rfe c«s diables de gens^ *
Je
cooyrisi avec mes Dragous^ la niarcbe de Far*
fière-garde ; et je la comervai intacte, -m cbar-
geant plusieurs <bis les Spaiiis qui me tourmen-
faient Au boet de quelque tempt, 4:ela devint
plus aérieux. Ligne^ille, Thungen, Zinseadorff
ferem taé$. Le duc de Lorraiâe se forma beo^
reosement et habilement, avec les ailw Wen
appuyées près du mont Hersan ; le duc de Man-
Doue» qui y g^inpft» vit bien m sèveté toiM I»
iMfaiile daos cette plaine de Mohat^, où avait
péri le roi Louis: ce qui iut un siyet de ripe

général des soldats, qui, grfte» è hii^ «oameiit


gaiement à la mort. L'ennemi vint nous atta-
quer. On combattit avec acharnement de part
et d'autre. Piccoloaiini bat, est presque battu,

est soutenu par le brave électeur. Son artillerie


fint des tr^us ; «es Dra|;oiÀeD profitent, et j'ai
le bonheur de poursuivre les Turcs jusqu'au
•camp netrancbé ; apnèsm'^lre arrêté un momem
pour les considérer, jy fais sauter mes Dragons,
ies uns à pied, les autr^à cheval avec moi : on
-éà q iK3 j y â»4e premier : il esterai que j y pris
«itt croissant et plantai l'aide impérial. Cest
pour Mla<¥nànnibkibleiaeat que je las «ha^fé

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( Il )

*de porter ia nouvelte de la victoire à TemperOliP.


il me dom toa porthûl entouré de disoMnli,
j'étais arriré à Vienne en très-peu de jours; et

âprès y ea avoir passé trois^ je revias dans Ivèi-


.peu Micore* à l'armée, où je A» aiissi tiè»*bieti

reçu, car alors apparemment j avais trop peu de


mirita pbor avoir des ennemiB.
L'histoire parlera, j espère, du superbe trait

^ Gomi]iei:ci à cette hataiUe de Hersan il ne se


passa easuite rien de considérable ; el !• 4Nnb»
pagne tout-à-fait iioie, je trouvai un iaver tràa*

hstilaat à Vienne poar le conronnenstot du roi


de Hongrie. Le dnc <te Lorraine et plusieurs
Hf^oésaiix y aUèrem aussi. Les uns y ioirir

gliiaient; lesautwaa'aaiuBatent; j'ébûsdniooai^


lare de ceux-ci.

()

. Colonel à vingt, général-major à vingt-un,


je fus fait lieutenaot*géoâraii à vingt-cinq ; je
menai on renfort au prince de Bade en Esclavo-
nie^ et m*en revins bien vite, parce qu'il était
'
question, d'assiégé»^ ou four mienx dire de bjm^
quer fielgi ade. On donna le commandeoient
des bringdadabeer.com dilassMit^ le â^septeoibrey à dlaiu
t»:géiidraik; ià ui^iiplaignis: MeoMir ase

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( Ifi )

dit: Vous resterez avec moi. en réBerve^ et je

ne compte point prendre ni vous donner par


là. une mauvaise commissioa. Dieu sait ce qui
nous arrivera." Il l'avait deviné ; tous les at-
taquans sont repoussés. Ce brave prince et moi»
d'épée à la main, nous les rallions, nous les ani-

.. mons ;
je monte sur la brèche. Un Janissaire
casse mon casque d un coup de sabre ; je lui
passe mon épée au travers du corps et PElec- ;
'

4eur, qui avait reçu un coup de fusil dans la main


Ja campagne précédente, est encore blessé d'uD
coup de flèche à la joue droite, llien ne fut plus

.brillant et plus sann^nt* Combie à côté du ta*

bleau le plus horrible, il s'en trouva queiquefou


un plaisant! Ce fut la mine et les mines des
Juifs qu'on obligea à jeter dans, le Danube la

douzaine de mille hommes tués de part et d'au-

tre, pour épargner Ja peine;e^ les frais d'enterre-


ment Je partis pour Vienne,

()

. J e regrettai bien de n'être pas resté à l'armée {

peut-être qu'on n'aurait pas pensé à moi, ni à


mon nom. £nfin, après la plus belle dé&nse du
monde, je sacrifiai ma* gloire à mon zèle. Cela
/ •
OMS cyi^a beaucoup : mes trois cheâ^ maîtres et

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(13)
àmi», Lorraine, Bavière, en avaient en Empire,
JBade en Hongrie ; et mt voiià en Italie en négo-
ciateur. L ambassadeur de France à Turin ne
fut pas la dupe de mon voyage. Pourvoirma
famille et le duc de Savoie, disait-on, il le con-
naissait comme moi» avare^ ambUieus, faux^
rancunier, craignant et détestant Louis XIY.
n aimant pas Léopuid, mais ne lui en voulant
pas personnellement» toujours prêt à les trahir
tous les deux, et mené par ses maitresses et ses

ministres dans tout ce qui n'était pas sachante ou


basse politique.
Ne pouvant pas, moyennant cela, tirer parti

ni des unes; ni des autres, je lui dis -franche^»


ment. V "

-

Mon cousin» vous seres toujours esclave


^* de votre ennemi mortel; si vous ne vous désr
**
clarez pas pour TEmpereur, qui vous fait al-

tessé royale, généralissime, et vous donne


tout ce que vous prendrez en Dauphiné et en
Provence ; et en cachant vos intentions jus-
qu à ce que tout soit prêt» vous vous ran-
gérez.*
C'étoit bien le prendre par les quatre qualités
dominantes que j'ai soulignées plus haut.
Où et quand temi-je ce traité ? dit Victor-

' Amédée« Point à Turin, car Tambassadcur de

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Frmce s'en doutentit-^bringdadabeer.com^ hii (lîi^
hb eMmral prochain, l'éieclèur de Bavière^
•••
qui, de même que votie altfisse royale (je me
dépAchai de lui dooaer ce titre) aime àae dt*
**Tertir, ira le signer. Je m'en charge: d'ici
^ là je m'en rapporte à «vous pour icrm ait tm
.'*'de Amer, ruser; wua excuser, promettne et
^ gagner du temps/
'
Lefs quatre raisons de œa procédés <}iieloott» «

ques que j'ai citées me répond^Qtde sa conduiie,


•mon bringdadabeer.com t^ODoe que je ne gameiiisw» '

pas pour la suite, j'engageai ma parole à TEmpe-


iseur, en rejtournant bieo vite à Vi^snoe, que mon
cottsio, 4:etle fois<i, serait pour noua. JJtofcM
m'en remercia beaucoup^ et m'accorda pouf

técompeose d'idler yoir un bout du siège de


Mayence, défendu par d'UxeUes, qui durak
depuis six semaines* J'arrivai pr^isémept àlat-
taque da chemin couvert, où je reçus m cou^ -

€ie fusil, et je m'en retouroai k Viejyie.

()


Vingt mille écus par mois de TAn^feterre,
vingt mille autres de la Hollande, quatre miU
^ lions pour les frais de la guerre, une espèce de
souscription de tous les petits princes d Italie,

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( 15 )

6rent {dus que mon éloquence : et voiià le dac


i«'£af:oio^ '{uuir qudqoe teoif», le meilteaf
MtrîblMM m^nde. '
fift condnite, que je ot
yeux pas jiMtifier, me i:a|)peile celle que les duc9
de jUomîœ ont tenm aMlrefois» timt que
ducs de Bavière. La géographie les empêche
d)ê(r« iKniaèiM gens.
.
'
Les ministres de Fempereur me pceewrent
Mpt mille hoimmes pour aller au secoui» de
ytotor^Aiiiédée. Je •omiiDeisMÛs Je lentenr de oe
que ibn ordonne pécule à Vienne ; et pressé
<|eme battre Afep les .Français, que je n'anûi
pas meone jiKis derant moi, j'allai joindre le
duc de Smoie :\ sou eanip de VillA^Franoa.
^ 'Vk)us iswes à propos, me -dit^ii; Je Tais
livrer liataiUe a Catinat.— Pi^enez-y ^ardc^ kii

un exoelkot général, qpi « sous


distfe^ c'eal
^'léiieavieax corps, les meilleure de Tinfan»
^ >tei::ie iVaoïçaise. Les vâtres sont cie oouvelles
fefées, let les miens, né sont spes enoore tar*'

rivés.— Qu esl-ce que cela me


dk iait ?. uie
^Me'diic Je coonaisanieux mon
pagttque Car
**tinat; demain je ferai avancer mon armée
<*jusqu a Tabbaye de btalikrde/
« Au lieu de livrer bataille, c'est nous qui la
recevons. L'aile droite, où était le ducde Savoie^
bringdadabeer.com^ 4efr-o»t <;;eli^de0 freoçiii»;

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( 16 )

des marais qu'on croyoit impraticables, et aprèl


avoir tourné .et battu ceUe-)à, toutes les deux
'

ie r^nioent et tombent aùr Taile gauche, que


je commandais. Je me retire en aussi boa ordre
que je peux, et à nwm arrière^rde» cemposée
des G cudarmeset des Gardes-du-corps de Savoie,
Je
je suis blessé légèrement d'une balle morte.
ne voulus pas rappeler à mon dier oousin sa
présomption et ma prédiçtion : je tâchai de la
réparer un peu, au moins dux:ÔCé de là. gloire.^

car, quelque temps après, jai le bonheur de


couper un gros détachement qui mwàl pillé Ili*

voU. Il donna dans une embuscade, d*où entenr


dant venir les français qui chantaient à s'égo-
siller, je sortis pour faire main-basse sur eux.
Je grondai beaucoup les soldats d avoir traité
tous les prisonniers à la targue. Us avaient ou-
blié qu'on accordait quartieraux Chrétiens. J\d*

lai châtier mon ancienne connoissance le duc de



Mantoue, le héros de Hersan, qui avait fiiit dek
siennes. Je dis adieu au duc de Savoie, à qui
il ne restait plus que Turin, et partis pour

Vienne.

•• •
()

Jx profitai de mon crédit pour mener desreii-

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(ir)
forts au duc de Savoie ; mais je k surpris, eu
arrivant, donnant une audience secrète à un
émissaire français; Pourquoi ma-t-on refusé
votre porte? lui dis-je en entrant Quelesi
cet homme ? —Je vous avoue, me dit le duc
tout déconcerté» que je traite un peu par lui.

avec Catinat : mais c'est pour le mieux trom-


"per."
" Voilà sa lettre en original, et la copie des
" miennes, ajouta-t-il—Je conçois, lui dis-je,

que vous voudriez bien garder en mêmetems


**
les subsides considérables qué je vous ai fait
" donner. C'est très- embarrassant pour votrjg
altesse royale.** Je Tobservai de plus près que
jamais, connaissant bien mon homme. Je sauvai •

son bonueur cette fois-ci, servis sa gloire et


desservis ses projets, en attrapant Balonde qui
assiégeait Coni; et, grâce à une lettre que je
prévis être interceptée par quelque parti fràn-^
Çais, il leva le siège. Catinat repassa le Pô. J'y
chargeai son arrière-garde : il y était lui-même,
et y fit des merveilles en général et en soldat Je
n avais avec moi que quelques escadrons. Catir
nat, plus fort que moi, anime les siens par sa f

présence. Je m'échauffe mal-à-propos; et ma


voilà si avant dans la mêlée, qii'aprte avoir reçu
pluiBieurs coups dans mes habits, un cavalier
( is )

fratl$«ifl alifftit me tète d\iil eolùp àê


caiiser ta

pisDofct^ loi*squ'dn IWgOA' dé mon ré^nmnt


m'en débarrassa ; cela lui fit autant de plaisir
qà'à mo% car j'étài» fort ainé di6 ced brave»
gens. iLcs renforts nous arrivèrent de tous les
. cAtés ;
j*allai preiidre Carmagnoléi où toas mes
soldats se conduisirent encore un peu trop à là
turque mais je fis des exemples. Catinat ma-
:

nœuvra à merveille ; il nous aurait battas si nous


ne nous étions pas retirés. Langallerie eut même
utt grand succès surnotre arrière-gal^e ; c'est

ce qui m'engagea à le prendre ensuite au service^


die l'empereur.
JTtfccompagnal à Venise Télecteor de BaWère,
qui avait encore été des nôtres cette campagne^ *

ci ;
je revis avec plaisir mes anciennes connatis-

sances. Encore des amours : et môme pour moi,


ri j'éâ avatb ionhj» des maris trop complaisans
qui Voàfaierit ibe faire renvoyer des Sigisbé qui
Ifcur déplaisaient; trop dePutiphar, dont je fus
lé Joseph, parce que j'avais d^antrés choses à
faire. Je m'en retournai à Vienne, au commen*
eement de janvier*

()

Ok m'en t^nvoja bien vite pour o%$ervef

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I

(1»)
tùOù Catirtftt, mis bien plus encore le dac de
Savoie. Pour le retenir, je lui portai le diplôme
de géaéraUssime, 4ui lui fit grand «plaisir. Il
Voulut tocNt de suite aller attaquer Catinat sous

Pigoerol;, tom ses généraux et ceux de aeç aJUiéa


fweDt de eet avi^ et moi poiiil du tout. Je lui

dis: " Catinat est. habile; s'il est battu, il aura^


des renforts ; s-il nous bat eneore» adieu rita**
*

" lie. une


Faîsons-lui perdre ses conquêtes par
" boûae diversion, qui humiliecale grand Louis ;
arousoQS-le dans ce pays-ci, et péaéiroiis m
Dauphioé, maig^é tous les obstacles des
" sages.**

Mon opinion prévalut. J allai prei;idre 'Quil-

lestre et £mbruii» J'y reçus une contusion


répaule, dans la tranchée, à côté du duc de
Savoie ; et Commerci, une balle qui 'lui cassa
trois dents. J'y perdis Legaoes et quinze cents
honunes ; mais enfin j'étais en France. Je m'em-
parai ensuite de Gaj^ et voilà le duc de Savoie
prêt à marcher bringdadabeer.comon à Aix, et peut-être
jusqu à Lyon sans la moindre ditEculté, sans la
petite-vérole, qui sauve la France, et le met à
deux doigts de la mort. Il me donna, par son
testament- la régence de ses états. La duchesset
*
en arrivant, le trouva moins mal, et Temokena
à Turin. Arrêté par ce coiUre-temps, qui nous

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( 20 )

fit perdre tant de teais« et par Tincertitude de'


ses généraux» qui ne pouvant jamais avoir au
juste les véritables intentions de leur maître,

ne savaient pas à quel point ils devaient ni*obéir»


je fus oUigé de ramener l'armée par le même
chemin, car Catinat nous attendait près de
Briançon.
" Au moins, disaient nos soldats, nous avons
*^
veng^ les horreurs des Français dans le Pala-
tinat ; sans en fiûre à leur fiiçon, nous avons
• " bien pillé, et levé un million de contributions.
n y avait des Cuirassiers qui mettaient vingt louis
• *

sur une carte.


Pourquoi le roi a-t-il exilé ma mère ? disais-
je à Commerci. Je viens dVxilcr plusieurs
" milliers de ses sujets." On menvoya Tordre
de laToisond'or à Turin ; et, arrivant à Vienne^

on me fit feld-maréchal, dix ans après mon en-


trée au service. J'en fus charmé, comme on peut
bien s'y attendre, màis désolé que Commerci
ne fût encore que général-major.

()

Victor-Amêdée voulut prendre Pîgnerolet

attendre Catinat dans laplaine d'Orbassan. Je le


lui déconseillai. **'Au moins, luidis-je, puisque

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.( 21 )

vous voulez -vous battre près de la Mar8aiIIe#


" CQiparez-vous de la hauteur de Piosusqu^/' Il
était de mauvais humeur de ce qu'on avait
brûlé, par représailles, la Vénerie, maison à
lui, et une autre à son ministre St-Thomaa^ et
fit dire aux Français qu'il ne donnerait plus quar^
lier aux soldats. Cela n'était déjà que tf oj^ bien
établi !

Catinat déploya ce jour-là tout son talent, et


le duc de Savoie sa valeur inutile. premier,
maître de la hauteur, eut beau jeu de nos deux
ailes, foudroyées en tlanc, à la fois, par son ar-
tillerie. Que pouvais-je faire au centre ? Je m'y
battis avec assez d avantage pendant quelque
tems; mais, accablé des deux côtés, je me reti-

rai le plus honnêtement que je pus. Catinat dé-


sapprouva la furie de ses soldats, qui criaienjt:

traitons aussi les AUmands à la tartare.


On n'aurait pas pu décider si ce duc indéfinis-
sable youli^t ou ne vQiiilait pas j^ner les ba-

tailles qu'il donnait ; mais ces deux-là m'ont ser-


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