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Avant-propos

L''idée de rédiger une étude consacrée spécifiquement aux associations d''archivistes est née sur l''ile de Fuerteventura (Canaries) en octobre Nous la devons à Joan Boadas i Raset, archiviste de la ville de Gérone et alors président de l''Associaci6 d''Arxivers de Catalutrya1 • Membres du comité directeur de la Section des associations professionnelles du Conseil international des archives (section plus connue sous l''acronyme «SPA » ), nous participions tous les deux, à La Oliva, au premier congrès mis sur pied par la toute nouvelle Association des archivistes des iles Canaries: l''ASARCA (Asociaci6n de Archiveros de Canarias). Comme président de cette Section, les organisateurs du congrès m''avaient proposé de donner la conférence de clôture en me laissant carte blanche quant au choix du sujet. Après réflexion, j''avais décidé de présenter à grands traits le phénomène associatif dans notre profession, d''évoquer la coopération internationale entre associations professionnelles et de mettre en exerg u e l''action de la SPA depuis sa création en Au moment où les archivistes des Canaries se lançaient dans l''aventure associative, il m''avait paru judicieux de tenter de replacer leur association dans un contexte plus large, à l''échelle de la planète. Quelques mois avant le congrès, en quête d''informations utiles pour mon exposé, j''avais parcouru la littérature professionnelle. Rapidement je dus constater qu''il n''existait en réalité que peu de contributions consacrées aux associations d''archivistes, en particulier de contributions traitant le sujet de manière globale et comparative. La profession ne s''était jamais penchée sur le phénomène associatif avec cette approche à l''esprit. Le plus souvent, les auteurs qui avaient écrit sur les associations l''avaient fait en publiant des monographies dans le cadre de commémorations ou des articles sur un aspect particulier de leur propre association. J''avais dû finalement compléter mon dossier en consultant des sites Web, en contactant à la hâte des associations et en questionnant des collèg u es impliqués dans la vie associative. Vu le temps dont je disposais et le peu de ressources documentaires sur lesquelles je

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L a Gazette des archives, n° / année


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Didier Grange

pouvais m''appuyer, j''étais loin d''avoir obtenu une image nette du phénomène associatif. Bien au contraire. Des questions, a priori anodines (par exemple : quand les premières associations professionnelles sont-elles nées? combien sont-elles dans le monde? quelles sont les plus grandes? ou, encore, lesquelles sont dotées d''un code de déontologie?), étaient sans réponse -ou sans réponse précise1 • J''étais relativement désappointé À la fin de mon exposé, Joan Boadas i Raset me suggéra de poursuivre mes recherches et de préparer un ouvrage, qui s''inscrirait dans la collection qu''il lançait aux éditions TREA, intitulée «Archivos Siglo X X I » . Sans rien lui promettre, connaissant l''ampleur de la tâche et les difficultés que je rencontrerais, j''accumulai au fil des mois des informations et consig n ai des réflexions. Si finalement j''ai persévéré et mené à bien ce projet, c''est que j''étais convaincu que la parution d''une synthèse qui appréhenderait le phénomène associatif de manière générale, transversale, comparative et internationale comblerait en partie un vide dans la littérature professionnelle.

De quelques caractéristiques éditoriales

«Archivos Siglo X X I » a pour objectif de publier un ensemble d''ouvrages en espag n ol, aussi brefs que généraux, sur des thèmes en lien avec les archives, les archivistes et l''archivistique. La collection ne vise pas à diffuser des études fouillées, truffées de références et accompag n ées d''une bibliographie aussi exhaustive que possible, mais plutôt à mettre à disposition des textes de synthèse permettant aux lecteurs, qu''ils soient simples curieux, étudiants en archivistique, archivistes novices ou professionnels expérimentés, de se faire une idée sur chacun des thèmes abordés. Sous forme de boutade, j''ai souvent répondu aux personnes qui m''interrogeaient sur ma recherche que je préparais un ouvrage pour une collection de «Que sais-je archivistiques » espag n ols, en référence à la célèbre collection française, les «Que sais-je? >> 2, que tout le monde connaît. E n , au moment où je débutais les recherches et la rédaction de mon texte, «Archivos Siglo X X I » démarrait à peine. Aujourd''hui,

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Les associations prefessionnelles d''archivistes

près de trente titres sont parus1 et forment l''ensemble le plus complet d''ouvrages introductifs consacrés à l''archivistique en espag n ol. Une belle réussite. La maison d''édition a défini des règles qui ont influencé la forme et le fond de mon ouvrage. Selon les consig n es données aux auteurs, les textes devaient compter 40 mots au maximum. Avec ses 55 mots, ma contribution dépasse largement la limite fixée et constitue une exception. E n outre, les textes ne devaient pas comporter de notes de bas de page ou de fin de chapitre. Au cours des ans, cette règle s''est cependant assouplie. Aussi, après l''avoir respectée dans un premier temps, j''ai introduit un nombre très limité de notes de bas de pages2. Quant à la bibliographie, elle ne devait mentionner que les publications les plus importantes sur le sujet.

Une édition en français

Les recherches préparatoires et la rédaction du texte se sont étalées entre la fin et la fin Elles ont été entrecoupées par de nombreux temps d''arrêts. Le texte a été rédigé en français, puis il a été traduit en espagnol fin début Finalement, l''ouvrage est paru en novembre sous le titre

Asociaciones de archiveros. Qué son y para qué sirven 3•

Au moment d''achever la préparation de la version en espag n ol, pensant que le contenu pouvait intéresser un large public composé de personnes sensibles au développement de la profession d''archiviste, à l''archivistique en général et, bien sûr, aux associations professionnelles, j''ai approché l''Association des archivistes français (AAF), dont je suis membre depuis de nombreuses années, afin d''évaluer dans quelle mesure une édition du texte en français serait envisageable. Après réflexion, l''AAF a proposé que ce texte soit publié dans L a

Gazette des archives.

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Didier Grange

Une fois l''accord de principe reçu, j''ai relu ma contribution et je l''ai quelque peu adaptée. Mais, globalement, les changements par rapport à la version originale, en espagnol, sont minimes. Comme la rédaction de l''ouvrage a été achevée à la fin , les données sont parfois datées, voire dépassées. J e n''ai pas souhaité les remettre à jour en , car ce travail aurait été considérable. Après une décennie d''efforts dédiés au phénomène associatif et de nombreuses publications sur ce thème, j''ai jugé qu''il était temps pour moi de passer à autre chose1 . Pour la même raison, je n''ai pas évoqué un certain nombre de développements récents qui auraient mérité quelques paragraphes. J e pense en particulier au déploiement remarquable des outils Web et à leur usage en constante progression dans le monde associatif -juste esquissés dans ma contribution -, à la notion de gouvernance de l''information (Ieformation Govemance) devenue très importante pour les gestionnaires de documents (records managers), à la vie associative des années , difficile dans de nombreux pays en raison des soubresauts politiques et économiques qui ont eu des conséquences parfois fâcheuses sur la société civile et les associations professionnelles. Bref, nous nous trouvons dans un monde qui bouge et les associations professionnelles n''échappent pas à ce mouvement. Tenir à jour les données dans ce contexte constitue une gageure. C''est du reste l''une des raisons qui m''ont poussé, dans la conclusion de l''ouvrage ainsi que dans des articles récents, à proposer la création d''un observatoire permanent international des associations. Cette idée n''a pas

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Les associations prefessionnelles d''archivistes

débouché jusqu''à présent sur la moindre réalisation concrète1. J e le regrette beaucoup. Plus généralement, il conviendrait que les associations professionnelles soient considérées comme un véritable sujet de recherche. Les possibilités d''aborder le sujet sont multiples et elles pourraient ouvrir des perspectives nouvelles sur les archives, les archivistes et l''archivistique2 •

Au final, cet ouvrage constitue une simple introduction à la question des associations professionnelles. Il comporte des lacunes, des imprécisions et certainement des erreurs. Il mériterait largement d''être repris dans l''avenir et complété. Toutefois, si un tel projet devait voir le jour, il serait souhaitable qu''il ne soit pas porté par un professionnel isolé, mais plutôt par un collectif. La coopération sur un tel thème, dans une approche globale, transversale et comparée, devrait être internationale et bénéficier de l''apport de personnes actives dans différents contextes et même dans différentes disciplines. J e remercie sincèrement l''Association des archivistes français d''avoir accueilli favorablement ma proposition et permis la publication de cette introduction au phénomène associatif dans notre profession.

[Note:

Didier GRANGE Archiviste Ville de Genève (août )

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Introduction

Un phénomène vigoureux mais ignoré

La possibilité de créer une assoc1at1on est considérée de nos jours comme l''un des droits fondamentaux des citoyens. Aussi, les associations se sont multipliées à travers la planète et touchent les secteurs les plus variés de nos sociétés. De la défense de l''environnement à l''action sociale, du sport à l''humanitaire, des loisirs à la culture, de l''éducation aux initiatives caritatives, de l''amicale consacrée à une passion à l''association professionnelle, la vie associative est partout présente et fait preuve d''un très grand dynamisme. À tel point que l''enthousiasme manifesté pour la forme associative se traduit aujourd''hui dans les chiffres puisqu''il existerait plusieurs millions d''associations actives dans le monde. E n ce qui concerne les archivistes, entre la création de la première association professionnelle nationale, aux Pays-Bas en Q. a Vereniging vanArchivarissen in Nederland 1) et le début du x: xt siècle, le phénomène associatif s''est considérablement développé et le nombre d''associations a littéralement explosé. Selon une liste établie par la Section des associations professionnelles du Conseil international des archives (SPA), on compterait aujourd''hui plus de associations professionnelles dans le monde2 • E n réalité, elles sont près de 1 On peut sans hésiter dire que plusieurs dizaines de milliers d''archivistes (certainement près de selon mon estimation), participeraient actuellement au mouvement associatif. Qui l''aurait pensé?

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Si, pendant longtemps, les associations ont joué un rôle souvent modeste, elles sont aujourd''hui sorties de l''ombre. Les associations sont considérées comme des interlocutrices et des partenaires respectés dans les pays dans lesquels elles sont nées ainsi que sur la scène internationale. De tailles diverses, actives au niveau local, régional, national et international, les associations sont sans conteste l''un des moteurs du développement de la profession. Elles sont le creuset d''échanges, d''idées et de projets qui ont trait à l''ensemble des fonctions archivistiques. Elles sont à l''origine de réalisations importantes. Elles sont une force de proposition et un réservoir de talents. Elles sont la caisse de résonance des préoccupations des professionnels et se font leur porte-parole tant dans les débats théoriques que dans des affaires publiques. Finalement, elles assurent la défense et la promotion des archivistes tout en assumant, en partie ou totalement, selon les pays, la formation des professionnels. E n un mot, elles sont devenues omniprésentes et incontournables. E t pourtant, malgré tous ces sig n es de vig u eur, le phénomène associatif n''a que très peu retenu l''attention des archivistes jusqu''à présent. Il est largement méconnu dans la profession. Les études, les publications ou les débats consacrés à ce thème sont rares. Or, pour qui veut comprendre la profession et le rôle des archivistes tant sur la scène nationale qu''internationale, il est fondamental de se pencher sur l''univers des associations. C''est ce que tente le présent ouvrage. Dans un premier temps, j''avais envisagé d''aborder le sujet en tenant compte des apports de la sociologie et des théories relatives aux associations. J''avais également prévu de truffer ma contribution de citations et de références à des textes extraits de la littérature professionnelle ou mis à disposition sur le Web. E n résumé, j''avais pensé étudier le sujet de manière approfondie en multipliant les angles d''approches. Mais, face à l''ampleur de la tâche et au vu de la taille qu''aurait fait le texte si j''avais persisté dans cette voie, j''ai révisé mon ambition à la baisse. J''ai également gardé à l''esprit le but de la collection initiale dans laquelle s''inscrit ce livre, qui propose au lecteur une introduction sur chaque thème abordé plutôt que le résultat de vastes enquêtes et travaux de recherche. Aussi, cette publication ne constitue-t-elle pas une étude détaillée du monde associatif, mais plutôt une invitation à le découvrir. Elle vise à en dessiner les contours et à en évoquer les caractéristiques principales. J''ai tenté de me mettre à la place d''une personne non familière du sujet et de répondre à une série d''interrogations sur ce que sont les associations et ce qu''elles font: quel est le rôle des associations? Quels buts visent-elles? Comment fonctionnent-elles? Qui en sont les membres ? Quelles sont leurs réalisations principales ? Quelles difficultés rencontrent-elles? Quels sont leurs projets? Comment collaborent-elles au niveau international ? Quel pourrait être leur avenir ?

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Les associations professionnelles d''archivistes

Qu'est-ce qu'une association ?

E n fonction des disciplines et des pays, il existe un grand nombre de définitions. Pour les besoins de cet ouvrage, nous retiendrons qu''une association est un regroupement de personnes qui s''unissent pour coopérer en vue d''apporter une solution à un problème, de répondre à un besoin ou de réaliser un projet. Dans de nombreux pays, la législation définit ce qu''est une association. Le droit d''association est souvent décrit comme celui donné aux personnes de se réunir en vue de partager à long terme un intérêt commun. E n France par exemple, la loi du 1er juillet qui régit les associations, précise dans son premier article qu''il s''agit d''une «convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun, d''une façon permanente, leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices » . Les associations sont à mettre en relation avec l''émergence de l''ordre social et politique moderne. Le droit d''association est indissociable du droit de réunion. Il fait partie des libertés publiques. La formation d''une association répond au principe de liberté : chacun peut constituer sans contrainte une association avec un tiers consentant. La liberté prévaut de même dans la rédaction des statuts ainsi que dans la sélection des membres de l''association. Chacun peut choisir l''association à laquelle il souhaite adhérer et personne ne peut être forcé à rejoindre une association. L''article 20 de la Déclaration universelle des droits de l''homme soulig n e que :

1. Toute personne a droit à la liberté de réunion et d''association pacifiques. 2. Nul ne peut être obligé de faire partie d''une association.

Dans les pays où le régime politique n''est pas démocratique, les associations sont tout simplement interdites ou soumises au contrôle de l''État. Ainsi, démocratie et associations vont souvent de pair. Les associations constituent le pendant indispensable de l''État. Le bon fonctionnement d''une démocratie implique, d''une part, l''existence d''un État de droit et, d''autre part, la séparation entre l''État et la société civile. L''idée mise en avant par les théoriciens de la démocratie est qu''un tissu associatif dense et dynamique, qui regroupe des associations de citoyens de toute nature et relevant de tous les domaines de la vie sociale, est nécessaire à la fois à la formation d''un sens civique et à la prise en charge par les citoyens des activités que l''État ne peut pas, pour diverses raisons, assumer. Les associations occupent souvent des espaces laissés en friche ou ig n orés par les pouvoirs publics. Dans certains cas, elles peuvent ainsi

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faire oeuvre de pionnières en innovant dans des domaines investis par la suite par les pouvoirs publics. Les associations professionnelles ne représentent qu''une catégorie particulière dans le large spectre des associations. Elles ont pour finalité la définition des compétences, la promotion, le développement et la défense d''une profession. Si on les met en rapport avec la masse énorme d''associations consacrées aux loisirs, aux sports, à l''action sociale et à bien d''autres domaines encore, elles sont comparativement peu nombreuses. On peut s''interroger sur les motifs qui amènent des archivistes à devenir membre d''une association professionnelle. Cette question mériterait une étude en soi. Les réponses sont diverses et parfois très personnelles. Le sentiment d''appartenance à une communauté qui partage les mêmes valeurs, les mêmes objectifs et les mêmes défis constitue l''une des premières raisons. Certains professionnels souhaitent rompre tout simplement l''isolement dans lequel les conditions de l''exercice de leur métier les plongent. D''autres ressentent le besoin d''unir leurs forces, de partager leur expérience, d''améliorer leurs compétences, de diversifier leurs savoirs, de construire une identité professionnelle et de s''entraider. Ils sont conscients qu''ils ne peuvent plus relever les défis auxquels ils doivent faire face dans leur mission et dans leur travail quotidien de manière isolée, dans un contexte qui ne cesse d''évoluer. Le temps où l''archiviste maîtrisait -ou avait l''impression de maîtriser -tous les aspects du métier et tous les savoirs nécessaires pour mener à bien sa tâche est passé. Les professionnels doivent compter sur un réseau sur lequel ils peuvent s''appuyer et qu''ils doivent alimenter, par leur participation et contribution. Ils recherchent également à favoriser la solidarité, la coopération et la défense de la profession et de leur situation personnelle. Les associations représentent la bannière sous laquelle les professionnels se retrouvent, construisent le devenir du métier d''archiviste tout en apportant leur contribution à la vie et au développement de la société.

Obstacles et limites

E n débutant mes recherches, j''étais conscient que les difficultés seraient nombreuses. C''est pourquoi, avant d''entrer dans le vif du sujet, je souhaite évoquer six obstacles qui ont conditionné ma démarche et le résultat de mon étude.

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Les associations professionnelles d''archivistes

J e me suis d''abord interrogé sur les contours de ma recherche: fallait-il traiter urùquement des associations professionnelles ou englober l''ensemble des associations ayant un lien avec les archives ? Quand on observe le phénomène avec une certaine distance, force est de constater que bien des associations ne comprennent pas urùquement des archivistes professionnels parmi leurs membres. Plusieurs cas de fig u re se présentent. Il existe des associations d''amis des archives ou des associations dans lesquelles des membres de soutien, extérieurs à la profession, sont acceptés. Il serait vain de vouloir séparer les associations en groupes différents, composés en fonction du degré de professionnalisation de leurs membres. La question serait alors de savoir comment définir les personnes qui peuvent prétendre au titre de professionnel et celles qui ne le peuvent pas. Au niveau mondial, la réponse à cette question n''est pas simple. Selon les pays, les contextes, les lois, les traditions, le système éducatif et la reconnaissance des diplômes influencent fortement la définition. Dans certains cas, on est un professionnel car on exerce la profession d''archiviste, pas parce que l''on détient un diplôme dans le domaine. Dans d''autres, sont reconnues comme professionnelles les personnes porteuses de titres spécifiques. C''est pourquoi, de manière à ne pas alourdir le texte, j''ai utilisé le plus souvent «associations » ou «associations d''archivistes » plutôt que de recourir systématiquement à «associations professionnelles d''archivistes » . J''ai choisi d''englober dans mon propos les associations de gestionnaires de documents (records managers) plutôt que de les traiter de manière spécifique. Aussi, quand je parle d''association, ce terme recouvre aussi bien les associations qui réurùssent les gestionnaires de documents que celles qui réurùssent les archivistes. Cette précision est nécessaire, car dans les pays anglo-saxons principalement, on disting u e deux professions : les gestionnaires de documents et les archivistes. Si les premiers traitent des archives courantes et intermédiaires, les seconds prennent en charge les documents qui seront conservés sur le long terme es documents qualifiés parfois d'' «historiques » ). Dans les pays anglosaxons, chaque profession peut se reposer sur sa propre association. La gestion de documents (records managemen se définit notamment comme l''ensemble des mesures destinées à rationaliser la production, le tri, la conservation et l''utilisation des archives courantes et intermédiaires 1•

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Les principes de la gestion de documents sont apparus durant la Seconde Guerre mondiale aux États-Unis. Ils se sont développés dans ce pays entre les années et , puis ont été repris dans d''autres pays, en particulier au Royaume-Uni et en Australie. Plus récemment, la gestion de documents a essaimé au Japon, dans les Caraibes et dans une partie de l''Asie, par exemple. E n Europe, à l''exception du Royaume-Uni, cette coupure n''existe pas: ce sont les archivistes qui prennent en charge l''ensemble des tâches, depuis la gestion des documents dans les services des administrations jusqu''au traitement des documents, leur conservation et leur mise à disposition aux archives historiques. E n revanche, beaucoup d''archivistes utilisent des méthodes et des instruments mis au point par les gestionnaires de documents. L''inverse est également vrai. Comme on le voit, il n''est dès lors pas indispensable de faire une distinction pour notre propos. Comme je l''ai mentionné, même si le phénomène associatif présente une vitalité certaine, il n''a suscité jusqu''à présent qu''un intérêt limité dans la profession. Les professionnels préfèrent se concentrer sur des sujets techniques, directement liés à leurs activités professionnelles, plutôt que de se pencher sur le monde associatif. Ainsi, les publications consacrées aux associations ont en général un caractère commémoratif ou abordent un aspect ou l''autre de la vie associative, de manière plutôt limitée et ponctuelle. D e ce fait les dépouillements que j''ai effectués n''ont donné que de maigres résultats. La bibliographie consacrée à ce sujet est assez pauvre. Il n''existe pas encore à ce jour un ouvrage de synthèse sur le phénomène par exemple. À quelques rares exceptions, les études comparatives font encore défaut dans la littérature professionnelle. Le terrain est encore en friche. Pour tenter de donner une image un tant soit peut compréhensible et complète du phénomène, il faut trouver des informations en utilisant d''autres sources que la littérature professionnelle: j''ai recouru aux sites Web des associations, j''ai épluché des listes de discussion professionnelles, je me suis basé sur mon expérience en tant que participant à des assemblées, congrès et colloques organisés par des associations, et, finalement, j''ai échangé avec des collèg u es, acteurs de la vie associative, sur les thèmes que je souhaitais traiter. Bien que les associations présentent un bon nombre de points communs, il n''est pas possible de dégager u n «modèle » universel dans lequel elles seraient toutes englobées. Structure, organisation, taille, ressources financières, actions et projets diffèrent d''une association à l''autre. Fortement inscrites dans leur

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Les associations professionnelles d''archivistes

contexte local, régional ou national, liées aux traditions, dépendantes des ressources disponibles, les associations constituent une véritable mosaïque à l''échelle de la planète. Aussi, similitude et diversité sont deux caractéristiques qui nous accompag n eront tout au long de ce travail. Vu l''énorme champ d''investigation que représente le monde associatif, il était impossible de présenter le phénomène en rendant compte de toutes les différences ou nuances qui existent entre les associations. J''ai dû parfois prendre des raccourcis pour ne pas perdre le lecteur dans une foule de détails et recourir à des généralisations réductrices de la réalité. Le regard que je porte sur le monde associatif est fortement influencé par ma propre expérience. J e me suis basé principalement sur les documents des associations auxquelles je participe, celles que je connais le mieux et celles dont les informations sont facilement accessibles. Or, comme soulig n é, la réalité des associations est multiple. Mon propos sera forcément réducteur. Le lecteur devra donc garder à l''esprit cette empreinte qui explique peut-être en partie certaines interprétations ou certaines lacunes. Un ouvrage dédié aux associations devrait être le fruit de l''effort conjug u é de différentes personnes plutôt que le résultat du travail d''une personne isolée. Finalement, corollaire du point précédent, si l''on souhaite aborder le phénomène associatif de manière globale, les lang u es constituent une barrière de taille. Il est en effet plutôt rare que les associations publient en plusieurs lang u es les documents qu''elles produisent et les informations qu''elles mettent à disposition sur le Web. De ce fait, les informations que j''ai pu utiliser se limitent à celles que mes capacités linguistiques m''ont permis de lire et aux traductions que des collèg u es ont eu la gentillesse de me faire parvenir.

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Remerciements

Cet ouvrage n''aurait pas vu voir le jour sans l''aide de très nombreux collèg u es et amis travaillant aux quatre coins de la planète. Qu''ils soient vivement remerciés ici, collectivement, pour les informations qu''ils m''ont fait parvenir, pour leurs réponses, pour leurs conseils et pour leur intérêt. J e leur suis grandement redevable. Ma reconnaissance va en particulier Joan Boadas i Raset qui a su me convaincre du bien-fondé de cette recherche, qui en a suivi le développement et qui m''a manifesté un soutien sans faille pendant les différentes phases de ce travail. J e remercie également chaleureusement mon collèg u e Jacques Davier des Archives de la Ville de Genève, ainsi qu''Odile Gaultier-Voituriez, Françoise Hiraux, Goulven Le Brech, Claire Martin, Marie-Claire Pontier, Martine Vintezout, et Aude Collet, de l''Association des archivistes français, pour leurs avis et suggestions, qui m''ont aidé à améliorer tant le contenu que la forme de cette contribution.

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A la découverte du monde associatif

Jalons chronologiques

Le destin des associations professionnelles est étroitement lié au développement de la profession. Les archivistes ont commencé à se regrouper en associations dès la fin du XIXe siècle. On peut schématiquement découper le développement du phénomène associatif en trois périodes : de la fin du XIXe siècle à la Seconde Guerre mondiale, de la fin de la Seconde Guerre mondiale à la fin des années et, finalement, du début des années à nos jours. Le nombre d''associations a évolué de manière assez lente jusqu''à la Seconde Guerre mondiale, puis le rythme s''est accéléré. Si on comptait douze associations dans le monde au moment de l''éclatement de la Seconde Guerre mondiale, de nos jours, elles sont près de 1 La naissance de chaque association résulte d''un parcours particulier lié aux personnalités, au contexte et aux circonstances. Les archivistes n''ont pas tous suivi la même voie pour arriver à leurs fins. Bien au contraire. Schématiquement, on peut dire que trois modèles se dégagent : • les associations créées ex nihilo et qui ne réunissent que des archivistes dès leurs débuts ; • les associations qui ont été créées par des archivistes pour se démarquer des historiens -après que ces archivistes se sont retirés d''une association réunissant des historiens ; • les associations qui regroupent au moment de leur naissance, au sein de la même structure, des archivistes, des bibliothécaires, des documentalistes, parfois des muséologues, des archéologues, voire des historiens. Il serait certainement intéressant d''étudier le mode d''éclosion de chaque association et de comprendre les raisons qui ont poussé les archivistes à privilégier une voie plutôt qu''une autre. Mais cette étude reste à mener.

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Didier Grange

Le temps des pionniers

Avant la Seconde Guerre mondiale, la profession d''archiviste n''est pratiquée que par un petit nombre de personnes. Toutefois, celles-ci commencent à s''organiser et à s''unir. E n tout, ce sont douze associations qui voient le jour: onze en Europe et une en Amérique du Nord. Vu les difficultés de communication et les distances à parcourir, les échanges ne sont que ponctuels et les réunions sont peu fréquentes au niveau national. Le rayon d''action de ces jeunes associations est encore limité, les évolutions sont lentes. Mais avec la création de ces premières associations une étape importante est franchie dans le développement de la profession. C''est aux archivistes hollandais que l''on doit la creatlon de la première association. À la fin du XIXe siècle, l''archivistique est alors en plein essor aux Pays-Bas. E n dans la ville d''Haarlem, un petit groupe d''archivistes fonde la Vereniging van Archivarissen in Nederland (VA N). Cette jeune association a pour but de promouvoir les intérêts de la profession et vise à doter le pays d''une loi sur les archives ainsi qu''à jeter les bases théoriques de la gestion et de la description des archives. Ses membres souhaitent également mettre sur pied une formation destinée aux futurs professionnels. Très active, elle contribue à différentes propositions relatives à la législation qui aboutiront finalement en à la création d''une loi sur les archives. Elle publie en le célèbre manuel pour le classement et la description des archives de Muller, Feith et Fruin qui constitue une référence importante pour comprendre le développement de la théorie archivistique contemporaine et qui servira de référence bien au-delà des frontières hollandaises1. Il faut attendre plus d''une décennie pour assister à la naissance d''une seconde association nationale. Les archivistes français font le pas en en créant l''Association amicale et professionnelle des archivistes français, qui deviendra en l''Association des archivistes français (AAF). Les Belges lancent en une association regroupant à la fois des archivistes et des bibliothécaires, l''Association des archives et bibliothèques de Belgique. E n , les archivistes hongrois créent la Levéltarosok Orszagos Eg y esülete, ou Association nationale des archivistes municipaux. Cette association ne survivra pas à la Première

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Les associations prefessionnelfes d''archivistes

Guerre mondiale et son parcours s''achèvera de manière précipitée en Quant aux archivistes danois, ils donnent le jour en à leur association nationale, l''Arkiifôreningen. Puis ce sont les Italiens, réunis autour de la fig u re d''Eugenio Casanova, qui lancent une association en , l''Associazjone degli Archivisti Italiani, qui devra cesser ses activités deux ans plus tard. E n , les professionnels belges de lang u e flamande se lancent à leur tour dans l''aventure en jetant les bases d''une seconde association sur le territoire belge. Elle ne comprend pas uniquement des archivistes, mais également des bibliothécaires et des documentalistes : la Vlaamse Vereniging voor Bibliotheek-, Archief en Documentatiewezen. L''année suivante, en , une poig n ée d''archivistes suisses fonde l''Association des archivistes suisses (AAS) au sein de la Société générale suisse d''histoire. Ils se détacheront petit à petit de leurs collèg u es historiens et organiseront leur première assemblée générale de manière totalement indépendante en Les Anglais lancent la British Records Association en E n , on assiste à l''émergence de la première association en dehors du continent européen: une centaine d''archivistes, provenant essentiellement des Archives nationales des États-Unis -institution fondée deux ans auparavant -créent la Society ef American Archivists (SAA). Les archivistes américains, eux aussi, tout comme les Suisses, s''étaient réunis pendant de nombreuses années dans le cadre de l''association regroupant les historiens, l''American Historical Association. Finalement, pour achever ce tour d''horizon, sig n alons deux associations qui voient encore le jour juste avant l''éclatement de la Seconde Guerre mondiale: la Arkivaiforeningen, en Norvège en , et la Eesti Arhivaaride Ühing, en Estonie en On peut encore mentionner une association née au Royaume-Uni qui a un lien fort avec le monde des archives et des archivistes, mais qui ne peut pas être considérée comme une association professionnelle : la British Records Society

(). Elle a pour but de compiler et de publier des sources anciennes conservées tant par les privés que par le secteur public.

L'élan de l'après-guerre

À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, on assiste à la creatlon de nombreuses associations. E n pleine période de reconstruction, les archivistes allemands (), anglais et finlandais (), puis italiens et espag n ols () créent leur association nationale.

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Didier Grange

Dans les années et , des associations voient le jour en Suède ( et ), dans certaines Républiques de la Yougoslavie d''alors (), en Israël (), en Polog n e (), en Autriche (), ainsi que sur le continent américain: au Mexique (), au Salvador (), au Pérou (), au Québec () et en Argentine (). Certaines de ces associations auront parfois une vie assez éphémère. Dans le domaine de la gestion de documents (records managemenf), trois associations sont créées aux États-Unis dans les années la R. ecords Management Association efChicago Inc01porated (), l''American R. ecords Management Association () et l''Association ef R. ecords Executives and Administra/ ors (). Ces deux dernières fusionnent en pour créer une nouvelle association,

l''Association ef R. ecords Managers and Administra/ ors connue sous l''acronyme ARMA ; celle-ci deviendra en «ARMA International » afin de bien manifester son ouverture au monde. E n Océanie, la R. ecords Management Association ef Australasia (RMAA) est lancée en ; elle change de nom en et devient la RIM Professionals Australasia.

La vitesse de croisière

À partir du début des années , le mouvement s''accélère de manière marquée. Comme dans d''autres professions, les archivistes prennent conscience de la nécessité de s''unir, de défendre leurs intérêts et de promouvoir leur action. E n outre, suite à la décolonisation, de nouveaux pays naissent et les gouvernements mis en place pour reprendre les affaires créent des postes d''archivistes dans les institutions: de nouvelles personnes rejoig n ent ainsi la profession. Plus généralement, le phénomène associatif se développe durant cette période en dehors de l''Europe et de l''Amérique du Nord, avec plus ou moins de succès, et il s''étend alors largement à travers le monde. Des associations voient le jour dans différents pays : Irlande () ; Brésil () ; Portugal (); Canada et Australie (), Japon, Inde et Nouvelle-Zélande ( 6) ; Mali () ; Chili () ; Philippines et Grèce () ; Corée du sud () ; et plus récemment, au Burundi, en Tunisie et au Bénin (), ainsi qu''au Bangladesh () par exemple.

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Les associations prefessionnelfes d''archivistes



Les associations prefessionnelfes d''archivistes

Année de création de quelques associations professionnelles1

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Didier Grange

À partir des années , le mouvement associatif se diversifie : les associations nationales n''ont plus le monopole. Dans beaucoup de pays, on voit éclore des associations régionales, locales et thématiques. Celles-ci se multiplient. Elles représentent de nos jours une part importante du phénomène associatif. Dans le domaine spécifique de la gestion de documents (records managemenf), de nombreux gestionnaires de documents dans le monde créent des associations à l''échelle nationale, régionale ou locale. La Records Management Society (RMS) voit le jour au Royaume-Uni en par exemple. Quant à A R M A Internationa/ 4

déjà évoquée plus haut, elle développe une politique de promotion qui permet la création de chapitres qui se mettent sous sa bannière dans différentes parties du monde, comme à la Jamaïque, au Japon et aux Philippines. Depuis quelques années, cette association tente de prendre également pied en Europe 1•

Relevons la création récente d''un chapitre suisse () et d''un chapitre anglais (). Mais malg r é tous ses efforts, aujourd''hui plus de 90 % des membres se trouvent sur le territoire nord-américain (États-Unis et au Canada). Pour différentes raisons, le développement du records management est long à s''instaurer en dehors du monde anglo-saxon.

Typologie des associations

Les associations professionnelles d''archivistes peuvent être divisées en cmq ensembles. On trouve des associations : • nationales ; • régionales ; • locales; • thématiques ; • internationales.

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Les associations prefessionnelfes d''archivistes

Associations nationales

Dans de très nombreux pays, quand il n''existe qu''une seule association professionnelle, elle est en général nationale. Chronologiquement, les associations nationales se sont développées les premières. Il arrive dans certains pays qu''il existe plusieurs associations nationales. Ceci est dû à des circonstances historiques ou à des spécificités professionnelles. Il faut rappeler que dans quelques pays, en particulier dans les pays anglo-saxons, les archivistes et les gestionnaires de documents (records managers) se regroupent le plus souvent dans des associations différentes. Toutefois, des professionnels choisissent parfois de devenir membres des deux associations. Ce cas de fig u re se rencontre par exemple au Royaume-Uni, en Australie, au Japon et aux États-Unis en particulier. Les associations nationales jouent un rôle de premier plan par rapport aux autorités. Elles participent aux débats relatifs à la législation et aux sujets en lien avec les archives.

Associations régionales

Il arrive que des professionnels créent des associations régionales. Ce phénomène est toutefois plus récent : il remonte aux années Les raisons de ce choix peuvent être multiples. Ces associations répondent à des besoins particuliers en lien direct avec la législation ou le contexte dans lequel évoluent les professionnels. Les distances peuvent également représenter un obstacle important. S''il est facile de participer à la vie associative sur une échelle régionale, il peut être pratiquement impossible de se déplacer à travers des pays gigantesques pour participer à des événements nationaux. Le concept de région peut recouvrir parfois celui de province dans les pays où elles existent, mais il peut aussi englober plusieurs divisions politiques et correspondre à une région géographique. On peut citer l''exemple des États-Unis où il existe plusieurs organisations régionales comme la Midwest Archives Cotiference (MAC, créée en ) et la Mid-Atlantic Regional Archives Conftrence (MARAC, ) qui comptent toutes deux au moins 1 membres, ou encore la New England Archivists

(). Dans le même ordre d''idée, dans plusieurs états américains, les professionnels ont créé une association. D''autres pays ont une vie associative régionale intense : on pense en particulier au Canada où les associations provinciales sont extrêmement nombreuses et actives ainsi qu''à l''Espagne.

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Didier Grange

Associations locales

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