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• Rencontres avec…

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MASTERCLASS REGGAE / DUB

Compose

vos morceaux Créez vos rythmiques basse et batterie Comprendre et utiliser les effets

]

Jamaica o 9 et Artist 9

+

Jamaica !

à la Philharmonie de Paris

FocusriteScarlettOctoPreDynamic,UVIWorldSuite,NomadFactory Bus Driver, U‐He Repro‐1,Reloop Mixon 4, Embertone Sensual Sax,IK Multimedia iRig Acoustic Stage, Mixvibes Remixvideo, Orchestral Tools Metropolis Ark 2, Hidden Path Audio Barrage,Ueberschall Cinematic Guitar Loops & DiscoTape…

Numéro - avril • All./Esp./Gr./Ita./Port. (Cont.) : 9,20 € - Bel./Lux. : 8,80 € - Canada/A : 14,95 $c - Canada/S : 13,50 $c - DOM/A : 9,99 € - DOM/S : 8,80 € - Suisse : 14,70 CHF - TOM/A : XPF - TOM/S : XPF

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Retrouvez‐nous aussi sur : • bringdadabeer.com et sur : • bringdadabeer.com • bringdadabeer.com • bringdadabeer.com

Numéro ‐ avril Société éditrice : Blue Music Sarl au capital de 1 € RCS Orléans : Siège social : 19 rue de l’Étang‐de‐la‐Recette, Montereau Directeur de la publication et représentant légal : Jean‐Jacques Voisin

édito

Service abonnements et anciens numéros Back Office Presse  Privezac Tél. : 05 65 81 54 86 Tarif abonnement : 10 numéros , 44,90 € Depuis l’étranger : +33 5 65 81 54 86 Email : contactbringdadabeer.com

Rédaction : 9 rue Francisco Ferrer, Montreuil Tél. : 01 41 58 61 35 E‐mail : kr‐[email protected] Responsable de la rédaction et rédacteur en chef: Thierry Demougin Secrétaire de rédaction: Olivia Clain Maquette: Alex Delarge Ont écrit dans ce numéro : Klaus Blasquiz, François Bouchery, Éric Chautrand, Olivia Clain, Harry Cover, Patrice Creveux, Michelle Davène, Anatole Demougin, Thierry Demougin, Philippe David, Di Pascali, Manuel Dubigeon, Pierre Emberger, Pierre Estève, Laurent Gilot, Pierre Jacquot, Philippe Ragueneau et Vincent Villuis. Crédit photo couverture : © [email protected] © Adrian Boot pour Jamaica Jamaica !

Publicité : Directrice de clientèle : Sophie Folgoas Tél : 01 41 58 52 51 E‐mail : [email protected]

Production/Fabrication

‐ : 30 ans déjà ! Comme nous l’évoquions le mois dernier, est pour KR une année d’importance car elle fête les trente ans d’existence du magazine. Né à l’été sous le nom de Keyboards, votre magazine a su évoluer, s’adapter aux nouvelles technologies et tendances. Nous souhaitons pouvoir partager ces années écoulées avec vous et nous vous invitons à nous retrouver sur notre site, sur notre page Facebook pour répondre à notre appel à témoignages : « Que faisiez‐vous durant l’été ? », et si possible photo à l’appui… Ce numéro d’avril est également le moment, et nous en sommes très fiers, de vous annoncer le retour très prochain de notre grand appel à démos pour les KR découvertes, millésimées Nous annoncerons la nouvelle procédure de participation dès la prochaine parution… En attendant, bonne lecture de ce numéro riche en informations, et que Jah soit avec vous. Musicalement. Thierry Demougin

Responsable : Georges Fonseca N° commission paritaire : 05 18 K N° ISSN : ‐ Dépôt légal : 1er trimestre Imprimé par : Centre Impression ‐ Feytiat Distribution : Presstalis Diffusion en Belgique : AMP ‐ Rue de la Petite Île, 1 B ‐ Bruxelles Tél. : (02) ‐ E‐mail : [email protected]

=,1,2

Les indications de marques et adresses qui figurent dans les pages rédactionnelles sont fournies à titre informatif, sans aucun but publicitaire. Toute reproduction de textes, photos, vidéos logos, musiques publiés dans ce numéro est rigoureusement interdite sans l’accord express de l’éditeur.

Le concours Pour la 7e année consécutive, KR Home‐Studio, le magazine de la création et de la production musicales, continue de soutenir la création, toutes musiques confondues, et plus spécifiquement votre travail et vos œuvres à travers un concours inédit, ouvert à tous les artistes et tous les groupes non signés sur un label ou une maison de disques. Vous pourrez bientôt nous faire parvenir vos créations originales. Après sélection, les titres retenus par notre jury feront l’objet d’une sortie compilation numérique sur notre site dès l’automne prochain. Rendez‐vous dans notre prochain numéro et sur

bringdadabeer.com

Résultats concours Les gagnantes du concours du numéro qui mettait en jeu deux claviers Yamaha Reface sont : Christelle Antier (93) et Sandrine Piszcz (95).

avril I KR home-studio # 3


sommaire édito sommaire KR downloads : Reverb SOLO par bringdadabeer.com

6 news 6 8

jeux : Back to School news

12 découvrir autoprod 12 enquête : éditeurs B2B, le nouvel eldorado ? 16 music business : Musikmesse et Prolight + Sound , l’épicentre musical européen 18 studio des potes 19 Sacem découvertes reportages 20 tendance : le revival des modulaires (part 2) 22 les métiers de la musique : association Accents du Sud, plate‐forme festivalière et culturelle artistes 24 rencontre : Hanni El Khatib 26 rencontre : noJazz 28 ils arrivent : • Kid Wise • Metro Verlaine

tests multimedia 57 • Embertone Sensual Sax • IK Multimedia iRig Acoustic Stage bons plans 60 freewares 62 samplemakers : • Orchestral Tools Metropolis Ark 2 • Hidden Path Audio Barrage • Ueberschall DiscoTape & Cinematic Guitar Loops 66 samplemakers downloads 67 web ressources 68 chroniques : albums 71 chroniques : spécial TuneCore

© Asato Lida

3 4 5

KR home‐studio ‐ n° ‐ avril

24

72 créer

30

[en couverture]

études, formations : les filières pour travailler dans la musique

40 choisir gros plan logiciels 40 Steinberg Cubase Pro 9 / Cubase Artist 9 tests logiciels 44 UVI World Suite 46 Nomad Factory Bus Driver 48 U‐He Repro‐1 tests audio pro 50 Focusrite Scarlett OctoPre Dynamic 52 Mackie XR tests DJ Style 54 Reloop Mixon 4 56 Mixvibes Remixvideo

4 KR home-studio # I avril

40

30

94 vintage 94 légendes du son : Al Jarreau 95 Harry Cover / compils, lives, BO… 96 le don du son : Jean‐Hugues Morvan Artwork de Tony McDermott pour le label Greensleeves, ‐ Collections Tony McDermott & Greensleeves Records

30 explorer

masterclass 72 composez vos morceaux reggae/dub prise en main 82 comment ça marche : théorie musicale (part 4), une histoire de bon accord… 86 techniques de mix : Tips & Tricks, réverbérations spécifiques (part 1) sos studios 88 les bases du MIDI 90 sos Mac 91 sos PC 92 questions > réponses 93 le sens du son : ou Hz ? la santé par la fréquence

ils ont fait l’histoire 98 Moog Polymoog

65 concours Concours de mixage Ina‐KR

72

81 concours Gagnez deux logiciels Ableton Live Standard Starter Kit

>

Vous abonner : page 58 Anciens numéros : page 85


kr downloads Accédez au contenu de ce numéro KR grâce à un code unique qui vous permettra de télécharger des éléments exclusifs sur votre ordinateur : KR_uk. Le code fourni vous permet d’accéder à un lien via lequel vous pourrez rapatrier votre « KR Download », soit une version exclusive du plug de réverb proposé par Acon Digital pour le site bringdadabeer.com, et pour vous lecteur de KR, mais aussi une importante sélection de samples proposés par divers éditeurs. En bonus, vous trouverez les exemples audio et MIDI de notre masterclass sur les rythmiques de Jamaïque.

§

Effet de réverbération

Reverb SOLO

Nous le savons tous, abondance de biens ne peut nuire. Et là, c’est un très beau cadeau qui se profile avec cette Reverb SOLO, une réverb en plug‐in fantastique, bi‐plate‐forme, issue de l’algorithme créé pour la fameuse Verberate d’Acon Digital, l’une des meilleures du genre sur le marché. Ne vous reste plus qu’à suivre le guide pour la rendre vôtre ! D’abord télécharger : Comme d’habitude, c’est la première phase du cadeau du mois, rapatrier les quelque 16 Mo d’archive compressée que représente cette Reverb SOLO à l’adresse suivante : bringdadabeer.com software/effects/acon-digital/ reverb-solo. Mais d’abord, il convient de vous créer un compte sur le site bringdadabeer.com, un nouveau venu sur la planète web musique dans notre langue, et qui propose une section plus qu’intéressante concernant la cote des instruments de musique. Cherchez la rubrique « Guide de prix » dans le menu supérieur de la page d’accueil et entrez dans le champ votre requête pour obtenir la moyenne des transactions ayant eu lieu concernant votre instrument. Cela vaut aussi bien pour une guitare qu’un synthé, bref, c’est pratique et indicatif sur le juste prix à proposer avant transaction ! Dirigez‐vous ensuite sur la page indiquée au bas de cet article, puis cliquez sur le bouton « Télécharger ». À ce stade, vous devez procéder à la création du compte avec e‐mail / mot de passe. La page détecte automatiquement la plate‐forme que vous utilisez et, donc, la version adéquate de l’installeur du plug désiré, en l’occurrence Reverb SOLO. Vous le retrouverez ensuite à l’endroit de réception habituel des téléchargements sur votre ordinateur. L’installation en elle‐même requiert environ 50 Mo d’espace disque. En cliquant sur « Personnaliser » durant l’installation, vous pourrez ne retenir que la version désirée du plug‐in, VST, AAX ou AU si vous êtes sur Mac. Décochez les versions inutiles (figure 1). Validez, c’est prêt !

figure 1 Sélection de la version à installer.

Chargez, jouez et réverbérez : Le cahier des charges imaginé par bringdadabeer.com et donné à Acon Digital était relativement concis : simple et simple ! Une fois le plug‐in inséré dans un slot d’envoi d’effet de votre DAW, à partir de la sous‐rubrique « Acon Digital », l’interface de Reverb SOLO apparaît. En pratique, seuls deux réglages sont proposés à l’utilisateur, taux d’effet sur le signal et largeur de l’espace créé. Commencez par placer le point orange du dial central de commande à fond à gauche et le curseur Dry/Wet complètement à gauche également (figure 2). Lancez une boucle de test, une voix, une guitare ou un groove de drums, puis montez doucement le curseur Dry/Wet vers la droite (environ 1/3 de la course), jusqu’à obtention des premières réverbérations. Le signal produit à cet instant correspond aux réverbs les plus courtes et brillantes que propose Reverb SOLO. Déplacez maintenant le point orange du dial doucement vers midi en écoutant les nuances de taille d’espace obtenues. Les réverbs sont désormais plus larges et sombres à mesure que le curseur descend vers la droite de sa course.

§

Samples

• Drums Of Sparta

Éditeur : Loopmasters Nombre de samples : 12 Taille : 50 Mo

Configuration minimale : Mac : OS X Mavericks (), un séquenceur compatible VST / AU / RTAS (32 bits) / AAX PC : Win 7, un séquenceur compatible VST / RTAS (32 bits) / AAX

Réglages de départ de Reverb SOLO.

Stockez vos presets : Dès lors qu’un réglage vous satisfait, il devient possible de le stocker sous forme d’un preset à réutiliser. Déroulez le menu placé sous le mot « Reset » et choisissez l’article « Save User Preset File » (figure 3)… Ne figure 3 modifiez pas le chemin proposé par Reverb SOLO, histoire de Enregistrement d’un preset. conserver les presets au bon endroit, celui où le plug‐in ira les chercher. Nommez‐le de manière explicite et très proche d’un slap‐back echo au validez. Le rappel du preset enregistré caverneux le plus profond, tout y est. s’effectue soit en repassant par le Sachez enfin que les deux paramètres menu « Reset » (qui est un preset) et disponibles sont automatisables. en sélectionnant par son nom le L’objectif de simplicité est atteint, réglage, soit simplement en faisant y’a plus qu’à ! Éric Chautrand défiler les flèches de part et d’autre du mot « Reset », dès lors que plusieurs présélections sont enregistrées. Normalement, toutes les réverbs les • bringdadabeer.com plus typées sont à portée de dial, du

aller plus loin…

Nombre de samples : 14 + 1 démo Taille : 14 Mo

• Neon Dreams

Éditeur : Sample Diggers Nombre de samples : 23 Taille : 46 Mo

• Future Weapons Éditeur : Push Button Bang Nombre de samples : 20 + 1 démo Taille : 17 Mo

• Rare Tones Éditeur : Push Button Bang Nombre de samples : 20 + 1 démo Taille : 80 Mo

• Mainstage Drum & Bass

• Think Tank – Detroit

Éditeur : Singomakers

figure 2

Nombre de samples : 11 Taille : 30 Mo

§

Masterclass

• Exemples audio et MIDI de trois

rythmiques basse/batterie : dub, rocksteady, reggae rockers

Éditeur : Loopmasters avril I KR home-studio # 5


back to school

en partenariat avec

Chez KR, nous vous proposons de jouer en apprenant et pourquoi pas d’apprendre en jouant. Les solutions sont à récupérer sur notre site bringdadabeer.com

Culture Classic Album

On fait tous des erreurs, mais en faire 7 sur des pochettes cultes, ce n’est pas très sérieux ! In Rock de Deep Purple, sorti en , approche les 50 ans…

la copie pas conforme

l’originale

Culture vintage 1

Quelle série de workstations fut introduite par Yamaha en ? a/ Phantom b/ Tyros c/ Motif d/ Montage

7

2

Les sons de cordes synthétiques que l’on entend sur le morceau « Cars » de Gary Numan ont été réalisés avec quel synthé Moog ? a/ Memorymoog b/ Polymoog c/ Multimoog d/ Minimoog

Lequel de ces clavier a été utilisé dans l’enregistrement du fameux thème de basse de la chanson du générique de la série Seinfeld ? a/ Roland D‐50 b/ Roland JD‐ c/ Korg M1 d/ Casio SK‐1

6 KR home-studio KR I avril

Connaissez‐vous bien les synthés vintage ? Attention, niveau difficile… 3

Contrairement à son concurrent avec lequel on le confond souvent, ce piano électrique a utilisé des dents métalliques avec des capteurs individuels par opposition aux roseaux avec des capteurs partagés. Lequel est‐ce ? a/ Yamaha CP30 b/ Wurlitzer A c/ Fender Rhodes MkII 73 Stage d/ Hohner Pianet

4

En compétition avec le Juno‐6, ce synthé similaire offrait 32 patchs de mémoire, forçant Roland à améliorer son synthé en une version Juno‐60, laquelle comprenait 56 emplacements mémoire. Quel est ce synthé ? a/ Prophet b/ Korg Polysix c/ Elka Synthex d/ Oberheim OB‐Xa

5

Quelle compagnie vendit le plus grand nombre d’orgues dans les années 60 et 70 ? a/ Farfisa b/ Vox c/ Hammond d/ Lowrey

8

6

Quelle puce Roland a été utilisée dans le Jupiter‐8 et le Juno, contribuant à la réputation de ce son si convaincant ? a/ a b/ SSM c/ IRS d/ ARP

Sur le morceau des Who « Won’t Get Fooled Again », Pete Townshend envoyait un signal de son orgue Lowrey à travers le filtre et le LFO de quel synthé ? a/ Ondes Martenot b/ EMS Synthi A c/ Steiner‐Parker Synthacon d/ EMS VCS 3


et bringdadabeer.com est un site spécialisé permettant aux musiciens d’acheter et de vendre des instruments musique, et aux marques de promouvoir leur matériel.

Culture générale Reggae, dub, rocksteady, ska, astafarisme… 5 Testez vos Dans les années 80, Adrian onnaissances ! Sherwood lance un label

1 Bob Marley est mort en ? a/ b/ c/

2 Le jeu à contretemps de la guitare rythmique dans le reggae provient d’un style plus ancien : a/ Le mento b/ La biguine c/ La rumba

référent initiant une nouvelle vague dub au Royaume‐Uni. Comment s’appelait ce label ? a/ On‐U‐Sound b/ Off‐Your‐Sound c/ On‐Off‐Sound

6 À la fin des années 90, de nombreuses formations de dub électronique explosent en France. Parmi celles‐ci, laquelle n’est pas française ? a/ Zenzile b/ High Tone c/ Dub Syndicate 7

batterie qui a sévi mondialement dans les années 80 s’appelait ? a/ Sly & The Stones b/ Robbie & McKenzi c/ Sly & Robbie

Quel est le nom de la figure légendaire du mouvement rastafari du début du XXe siècle ? a/ Marcus Garvey b/ Marc & Hervé c/ Marcus Man

4 D’après la légende, le dub serait né d’une erreur de mixage. Mais de qui ? a/ Lee « Scratch » Perry b/ King Tubby c/ Mad Professor

8 Lequel de ces enfants de Bob Marley n’a pas fait de carrière musicale ? a/ Damian b/ Rohan c/ Ziggy

3 Le mythique duo basse/

9

Aux côtés du groupe Journey et du Philharmonique de Londres, quel est l’un des premiers synthés digitaux que l’on peut entendre sur la bande originale du film Tron de Walt Disney en ? a/ Casio CZ‐ b/ Yamaha DX7 c/ Crumar GDS d/ Fairlight CMI

Nouvell technologie

10

Quel clavier/échantillonneur fut utilisé largement dans les premières productions de Kanye West, comme The College Dropout, et sur le Blueprint 2 de Jay‐Z ? a/ E‐MU Emulator III b/ Korg DW‐ c/ Ensoniq ASR‐10 d/ Ensoniq EPS‐16+

  

Champ magnétique hyperpuissant Distorsion encore plus faible Spatialisation et précision extraordinaires même à niveau élevé.

bringdadabeer.com 22, rue Édouard Buffard · · Montévrain · France Tél. : 01 60 54 32 00 · bringdadabeer.com [email protected]


news Gagnez trois invitations pour deux personnes pour Jamaica Jamaica ! à la Philharmonie de Paris sur bringdadabeer.com

Exposition

Jamaica Jamaica !

L

a prochaine grande exposition qui se déroulera à la Philharmonie de Paris du 4 avril au 13 août prochain va se consacrer aux musiques jamaïcaines. Nommé sobrement Jamaica Jamaica !, cet événement va revenir sur les différents styles musicaux (burru, mento, ska, rocksteady, reggae, dub, dancehall…) nés sur cette île à peine plus grande que la Corse. L’exposition va s’établir autour d’un parcours chronologique et thématique en sept parties retraçant l’évolution musicale, artistique et politique de la Jamaïque, avec en toile de fond des noms comme Bob Marley, Lee « Scratch » Perry, King Tubby, Peter Tosh, Haïlé Sélassié, Marcus Garvey… Une histoire majeure qui, dès les années 50, a posé les bases de la musique urbaine en invitant dans le vocabulaire musical d’aujourd’hui des mots comme DJ, remix, sound system, dub… On pourra également admirer certains matériels mythiques issus des collections de Musélec de Klaus Blasquiz. Thierry Demougin bringdadabeer.com

Appel à démos

The Voice of Hell

L

e Hellfest, événement incontournable du metal en France, se tient depuis plus d’une dizaine d’années en Loire‐Atlantique au mois de juin. L’édition , qui se déroulera du 16 au 18 juin, annonce déjà groupes dans sa programmation. Cette année encore, le tremplin musical The Voice of Hell est réitéré via le fan‐club officiel du Hellfest Club qui comprend 1 adhérents. Les candidatures sont déjà ouvertes, elles se clôtureront le 2 avril, et le grand vainqueur sera dévoilé le 5 mai. Ce dernier gagnera la possibilité de jouer sur la scène privée du Hellfest Cult en juin prochain, ainsi qu’au Ferrailleur à Nantes le 21 mai à l’occasion de la dernière date de la tournée Warm Up Ride 2K T.D. bringdadabeer.com

Salon

Musicora

L

e salon Musicora (Le grand rendez‐vous de la musique et des musiciens) se tiendra du 28 au 30 avril avec cette année André Manoukian comme grand parrain. Cette 28e édition va accueillir exposants sur une surface de 6 m2, pour près de 12 visiteurs attendus. Parmi les exposants seront présents des facteurs d’instruments, des luthiers et archetiers, des éditeurs de partitions et de livres, des concepteurs de nouveaux instruments, des labels et maisons de disques, des développeurs d’applications et de services en ligne, des organisateurs de festivals et salles de concerts, des écoles, des organismes professionnels et des médias, comme par exemple votre fidèle magazine Keyboards Recording. Au programme aussi : des concerts, des conférences et des ateliers. T.D. bringdadabeer.com

Tournée

Ricard S.A Live Music

A

près avoir trouvé son grand vainqueur , Ricard S.A Live Music annonce sa grande tournée de concerts gratuits, du 25 avril au 12 mai, et qui s’arrêtera dans dix villes. Cette année, le rock de Lysistrata, lauréat du dispositif Ricard S.A Live Music, se retrouvera sur scène aux côtés de Møme et Main Lan à Paris (25 avril), Lille (26 avril), Nancy (27 avril), Caen (2 mai), Rennes (3 mai), La Rochelle (4 mai), Lyon (9 mai), Montpellier (10 mai), Toulouse (11 mai) et Clermont‐Ferrand (12 mai). Rendez‐vous le 30 mars sur le site pour réserver les places. Et pour les retardataires, une seconde vague de billetterie sera proposée sept jours avant chaque concert. T.D. bringdadabeer.com

Appel à démos

Lauréats

Elle est où la Voix

Deezer Next

D

D

epuis trois ans, la chaîne de restaurants Au Bureau développe des opérations en direction des jeunes talents. En il s’agissait de l’initiative Part en Live ! soutenue par un bus anglais qui avait arpenté les routes de France, faisant escale devant cinq des restaurants emblématiques de l’enseigne. Puis en , Il était une Voix déclinait son action sous la forme d’un casting national qui a permis de découvrir la jeune chanteuse nantaise Mendrika Raheriarivelo, parmi 1 candidatures. L’édition de ce grand casting national se nomme Elle est où la Voix et offrira au grand vainqueur de se produire en première partie de Christophe Maé (grand parrain et président du jury ) sur l’une des dates de sa tournée, ainsi que lors d’un showcase dans un des 91 restaurants Au Bureau partenaires de l’opération. Les inscriptions et votes se font en ligne. T.D. bringdadabeer.com, bringdadabeer.com

8 KR home-studio # I avril

eezer, la plate‐forme française de streaming bien connue, s’est lancée récemment dans le soutien aux jeunes artistes. Avec Deezer Next, ce programme a pour objectif d’identifier et de soutenir de nouveaux artistes locaux et internationaux afin de leur offrir une visibilité auprès de millions de fans de musique. Douze artistes sont donc mis en avant, dont trois soutenus au niveau mondial, les neuf autres dans leur territoire respectif (France, Allemagne, Royaume‐Uni, États‐Unis ou encore Amérique Latine). Parmi les neufs artistes soutenus dans l’Hexagone, Deezer Next a annoncé les noms suivants : Parcels, Ash Kidd, Juliette Armanet, Adam Naas, Tess, Jorrdee, Blondino, Alma, Theo Lawrence & The Hearts. Les trois artistes internationaux sont Rag’n’Bone Man (UK), Maggie Rogers (USA) et Anne‐ Marie (UK). T.D. bringdadabeer.com


news

brèves

Revendeurs Of Offici c s Universal Audio en France ARTISTE AUDIO | LYON bringdadabeer.com

AUDIOSOLUTIONS | LE THOR bringdadabeer.com

Festival

Les Nuits Claires L

e festival Les Nuits Claires revient pour une troisième édition les 24 et 25 mars prochains au YoYo / Palais de Tokyo à Paris. Cet événement original se distingue par une programmation résolument tendance, surfant sur la vague électro et rock. On pourra y écouter, le 24, Peter Doherty et Holy Oysters, et le lendemain Broken Back, The Shoes (DJ set), Kiddy Smile, Feynman, Dagga Domes et les Bolideurs (DJ set). T.D. bringdadabeer.com les-nuits-claires

Banque de patchs

Keyscape Creative L

a société américaine Spectrasonics menée par Eric Persing a annoncé la sortie de Keyscape Creative, une collection sonore de 1 patchs d’Omnisphere 2 destinés à ceux qui isposent en plus de Keyscape (voir KR n°), l’instrument virtuel dédié aux claviers. Disponible gratuitement, voici une excellente manière de composer et d’utiliser la puissance des possibilités qu’offre Omnisphere 2 combiné à Keyscape. T.D. bringdadabeer.com

Site

Jeu

French Waves A

Just Dance C

près le lancement officiel du documentaire French Waves le 23 février à Paris au Grand Rex, voici maintenant le site et la web‐série qui retrace 25 ans de musique électronique, et plus spécifiquement en France. Le site est construit de manière chronologique avec plusieurs onglets allant de à Un total de événements, racontés et illustrés en collaboration avec des journalistes de Tsugi à travers des articles, des photos, des vidéos, des pochettes, des playlists… En bonus sont ajoutées au fur et à mesure des vidéos qui se focalisent sur un artiste et l’un de ses morceaux. Il y en aura dix au final, avec Motorbass, Modjo, Rone, Fakear, Breakbot, Para One… T.D. bringdadabeer.com

Vente aux enchères

The Hummingbirds Project

L’

association The Hummingbirds Project, née suite aux attentats de Paris en , a récolté des dons d’artistes divers : vinyles dédicacés, claps de film, peintures, costumes, affiches, tirages photos, BD en tirage limité, instruments dédicacé… Une partie de ces objets sera mise aux enchères le 5 Avril à la salle des fêtes de l’Hôtel de Ville de Paris, et le reste sur internet. Les fonds récoltés iront aux associations de victimes et d’aide aux victimes et financeront des projets civiques et solidaires. Benoit Fillette bringdadabeer.com

10 KR home-studio # I avril

haque année avec une régularité métronomique le jeu d’Ubisoft Just Dance débarque en magasin. Chose faite avec la version déjà dans les bacs depuis la fin En chiffres, Just Dance c’est onze versions, 60 millions d’unités vendues, artistes différents intégrés au jeu et au final une communauté de millions de joueurs. Pour cette nouvelle version, on notera l’arrivée de l’application Just Dance Controller qui permet de transformer son smartphone en manette, et le partenariat avec la YouTubeuse Natoo. T.D. bringdadabeer.com

BONNAVENTURE MUSIQUE | CAEN bringdadabeer.com

CLE DE SOL | DIJON bringdadabeer.com

ESPACE CLAVIERS | BORDEAUX bringdadabeer.com

EUROGUITAR | LILLE bringdadabeer.com

FUNKY JUNK | PARIS bringdadabeer.com

HOME STUDIO | PARIS bringdadabeer.com

LE MICROPHONE | PARIS bringdadabeer.com

bringdadabeer.com | NANTES bringdadabeer.com

MUSIC | NICE musicfr

MUSIC ACTION | TOULOUSE bringdadabeer.com

MUSIC WEST | AUBAGNE bringdadabeer.com

PIANO TECH | GRENOBLE bringdadabeer.com

Festival

Printemps de Bourges L

a 41e édition du Printemps de Bourges Crédit Mutuel se déroulera du 18 au 23 avril. Parmi les moments forts, citons Renaud, 40 ans après son premier passage, et Placebo qui viendra souffler ses 20 bougies. De grandes soirées thématiques sont à l’honneur, notamment la soirée Happy Friday du 21 avril (Fakear, Wax Tailor, Electric Guest, Deluxe…), le lendemain celle de Rock’n’Beat (Yuksek, Petit Biscuit, Molécule, Vitalic, Mr Oizo…) ou encore les deux soirées hip hop du mercredi (Lorenzo, Disiz La Peste…) et du jeudi (Demi Portion, Kery James…). Bien d’autres concerts sont aussi au programme, dont Camille, Magyd Cherfi, les 10 ans de Bad Born Records, Soprano ou encore Vianney et Jain. T.D. bringdadabeer.com

SCOTTO MUSIQUE | MARSEILLE bringdadabeer.com

SHOWROOM AUDIO | LYON bringdadabeer.com

SONOVENTE | PALAISEAU bringdadabeer.com

SONOWEST | RENNES bringdadabeer.com

STAR’S MUSIC | PARIS-LYON-LILLE bringdadabeer.com

UNIVERS SONS | PARIS bringdadabeer.com

WOODBRASS | PARIS bringdadabeer.com

ZE SHOP | LA REUNION bringdadabeer.com


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Le nouvel eldorado ?

2

Les pages d’accueil de Sync Portal et d’iMusician Digital.

, la bataille des revenus

La crise du secteur mécanographique a touché gros comme petits, même si les courbes se croisent seulement maintenant, les ventes digitales n’ont pas franchement pris le relais sur les ventes physiques en termes de revenus. C’est encore plus vrai pour les indépendants qui n’ont aucune chance d’engranger un revenu convenable sur le téléchargement et ne parlons pas du streaming ! Alors qu’est‐ce qu’il nous reste ? Bien sûr les concerts, mais il y a un secteur auquel nombre d’autoproducteurs, qui sont pour la plupart créateurs, ne pensent pas : la synchro. Et si c’était une occasion sans faille d’augmenter à la fois ses revenus et sa visibilité ? iMusician Digital, par la voix de Selma Chachia (figure 1), répond sur ce sujet : « Pour vous donner une idée, en une annonce nous avons plus de de nos clients qui ont ouvert un compte chez Music Gateway. Les retours que nous avons reçus sont dans l’ensemble très positifs, avec un net impact sur les ventes souvent au moment des lancements de campagnes publicitaires ou à la sortie d’un film. C’est également un moyen pour les artistes de se faire connaître à l’international et de redonner de l’actualité à leur backcatalogue. »

Musique synchronisée et revenus exponentiels Depuis les dix dernières années, iMusician Digital a constaté que les revenus provenant de la musique synchronisée augmentaient de façon exponentielle, 12 KR home-studio # I avril

notamment par la multiplication des contenus audiovisuels, en particulier dans le milieu de la publicité, des jeux vidéo et des contenus sur internet. Il a aussi constaté que certains prix pour l’utilisation de musiques d’artistes internationaux ont explosé, atteignant jusqu’à plusieurs milliers de dollars pour quelques secondes dans une publicité ou un teaser de film. C’est pourquoi, avec des budgets plus serrés, de plus en plus de music supervisors se tournent vers les productions d’artistes en développement, généralement moins surexploitées et plus abordables financièrement. De plus, toujours d’après iMusician Digital, il faut savoir que la grande majorité des music supervisors sont constamment connectés à leur compte Spotify (figure 2) et suivent de près les tendances et nouveautés, afin d’être toujours au courant des derniers phénomènes musicaux. Le but étant de pouvoir aussi bénéficier de la notoriété montante de l’artiste et de profiter du buzz viral autour de l’artiste choisi (figure 3). Pas étonnant que, lorsque iMusician Digital a fait la rencontre en des fondateurs de Music Gateway (figure 4), il ait tout de suite adhéré à un objectif commun qui est d’aider les artistes en développement. L’agrégateur suisse a donc débuté sa collaboration en partageant certaines offres auprès de ses clients, en échange de quoi Music Gateway orientait ses artistes vers l’agrégateur pour la distribution digitale sur les plates‐formes de streaming et de téléchargement. Après avoir reçu de nombreuses demandes et constaté

© Marc Chesneau

Tout est parti d’une newsletter que nous avons reçue de iMusician Digital. L’agrégateur suisse nous y annonçait la création du nouveau service Sync Portal mis en place par la plate‐forme partenaire Music Gateway. Forts de notre étonnement sur l’existence d’un éditeur B2B, nous avons voulu en savoir plus et avons interrogé ces deux acteurs mais aussi Isabel Dacheux, présidente d’EIFEIL (éditeurs indépendants fédérés en Île‐de‐France).


figure 2

© Charles Humenry

DR

Application Spotify sur smartphone.

figure 1 Selma Chachia, d’iMusician Digital.

figure 4

figure 3 Charles Humenry.

figure 5

© Music Gateway

Page d’accueil de Music Gateway.

© Lionel Pagès

© Music Gateway

Jonathan Bond, Brand Partnerships Manager chez Music Gateway.

un fort engouement autour de ces offres, iMusician Digital a poussé le partenariat plus loin en créant une section dédiée sur son blog que les artistes peuvent consulter à tout moment.

YouTube, la synchro faite maison Si YouTube est un gros hébergeur, c’est aussi la plus grande plate‐forme de streaming au monde et par ricochet elle en devient un excellent outil de visibilité et aussi de synchro. iMusician Digital, qui l’a remarqué, déclare à ce sujet : « Avec la quantité et la variété de vidéos en ligne sur YouTube, que ce soit des cours de danse, des tutoriels de cuisine ou des web‐séries, il y a un véritable nouveau marché de la synchro sur YouTube. Et celui‐ci est accessible à tous ! En effet, avec l’option YouTube Content ID que nous proposons chez iMusician, les musiciens sont assurés d’être rémunérés à chaque fois que leur musique est utilisée partiellement ou en intégralité dans un contenu vidéo sur YouTube. Dès lors, libre à eux de contacter les créateurs de vidéos avec un nombre d’abonnés conséquent pour proposer le placement de leur musique et profiter de la visibilité et des revenus. C’est de la synchro “faite maison” et du donnant‐donnant pour les musiciens et créateurs de vidéos ! »

Plates‐formes B2B, une nouvelle race d’éditeurs La synchro, oui, mais comment se faire connaître ? Grâce à quel outil ? Grâce à quel acteur ? Bien sûr, on peut toujours solliciter un éditeur traditionnel dont les méthodes sont reconnues depuis toujours, mais va‐t‐il accepter de travailler avec vous ? Pas forcément et c’est pour cette raison que les plates‐formes B2B ont vu le jour, à l’instar de Music Gateway, partenaire de iMusician Digital et que nous avons rencontré. La plate‐forme vient de créer un nouveau service « Sync Portal » grâce auquel elle travaille avec plus de agences de publicité à travers le monde. Ici, elles peuvent aller piocher dans la musique venant principalement du secteur indépendant. Indépendants qui font justement le gros des troupes parmi ses membres ! Pour bien comprendre, Music Gateway a été créé pour fournir une plate‐ forme commerciale professionnelle par laquelle ses membres peuvent acheter un travail, étendre leurs contacts et avoir accès à des offres de manière équitable. Jonathan Bond (figure 5), Brand Partnerships Manager chez MG, déclare : « Il existe trop de barrières dans le monde professionnel et

figure 6 Laurence Malpass, Head of Network chez Music Gateway.

notre mission c’est de les faire tomber. Nous sommes un acteur perturbateur dont le but est principalement d’aider l’industrie musicale dans son ensemble mais aussi d’apporter des solutions techniques à valeur ajoutée qui contribuent à résoudre les problèmes quotidiens que vivent individus et entreprises. » Mais les plates‐formes B2B peuvent‐elles remplacer les éditeurs traditionnels ? Laurence Malpass (figure 6), Head of Network chez MG, estime que : « Pas du tout, d’autant que nous sommes fiers d’aider et de représenter beaucoup d’artistes indépendants, un grand nombre de nos clients sont d’ailleurs éditeurs. Nous nous voyons comme des intermédiaires neutres qui rassemblent les secteurs de l’industrie grâce à des offres différentes. Une grosse partie de la plate‐forme a pour rôle de mettre en relation des artistes et groupes non signés avec des éditeurs qui cherchent à les signer. Notre but est d’ouvrir les portes et de rester une passerelle qui permette d’approcher une industrie où il est traditionnellement très difficile de rentrer. » Alors quel est le profil des utilisateurs MG ? « Il semblerait que la base de ses membres soit planétaire. On peut très bien être en France et travailler avec un auteur en Asie ou aux USA. MG procure à ses membres des outils de travail à distance accompagnés de solutions, du coup ils peuvent bénéficier d’une connexion universelle pour partager un intérêt commun et à un niveau de compétence identique, le tout sans barrières géographiques », comme le précise Jonathan Bond. Alors, casser les barrières, se connecter tous ensemble pour se rencontrer sur une plate‐forme, partager son travail à distance, ça marche vraiment ? Laurence Malpass donne sa réponse : « Si vous êtes un artiste indépendant et que vous désirez le rester, les résultats sont conséquents dès lors que vous rendez public votre travail sur la plate‐forme. Comme tout dans la vie, vous devez y mettre du temps et de l’énergie, nous fournissons juste l’environnement qui UU avril I KR home-studio # 13


Page d’accueil d’EIFEIL.

figure 7

figure 8 Isabel Dacheux, présidente d’EIFEIL.

UU doit servir à votre succès même si nous ne pouvons pas le garantir, tout est entre vos mains. Néanmoins, nous vous aiderons autant que possible. Alors, si vous désirez vous concentrer plus sur la partie créative et moins sur l’aspect business et réseaux sociaux, ça peut vraiment aider d’avoir un éditeur qui fasse tout cela pour vous. » Par ailleurs, ce type de plate‐forme a besoin d’établir des partenariats avec des acteurs de l’industrie musicale pour avancer, elle le fait notamment avec iMusician Digital, nous l’avons vu plus haut. Jonathan Bond conclut : « Mon rôle en tant que Brand Partnerships Manager, c’est de créer des relations avec des sociétés en vue qui peuvent être profitables à nos membres. iMusician Digital nous a paru être l’acteur parfait dans la distribution en Europe et notre partenariat s’est révélé payant pour nos membres qui ont trouvé un large bénéfice dans nos services partagés. S’il existe une entreprise d’avant‐garde qui puisse apporter une réelle plus‐value à nos membres, alors je suis preneur ! » Enfin, d’après Laurence Malpass, MG a pour projet de re‐configurer une grande partie du métier de l’édition à l’avenir.

Un outil mais pas le bras armé de la synchro Nous avons rencontré Isabel Dacheux, présidente d’EIFEIL (figures 7 & 8), qui nous parle de l’attractivité de ce type de plates‐formes. Pour elle, certes elles apportent de la visibilité, mais elles ne sont pas toujours accessibles à tous les créateurs et éditeurs ! Elle déclare : « Il faut être doté d’un catalogue de plusieurs milliers de titres pour être visible, même si seulement quelques‐uns sont

susceptibles d’être exploités et qu’au final très peu génèrent véritablement des droits, notamment dans la musique à l’image. » Pour répondre à ce constat, elle considère que les catalogues de musique des éditeurs indépendants doivent être mutualisés pour gagner de la visibilité et être exploités plus largement en France et à travers le monde. Alors passer par les plates‐formes, oui, mais ça reste insuffisant, cette démarche doit obligatoirement faire partie d’un projet global. À commencer par le fait que la synchro doit être initiée par des vraies personnes, car, d’une part, les professionnels visés ne se rendent pas forcément sur les plates‐ formes et, d’autre part, s’ils s’y rendent, ils écouteront surtout les playlists proposées, mais n’iront pas forcément fouiller parmi les titres disponibles pour y découvrir des perles inédites et intéressantes. Enfin, à la démarche humaine s’ajoute aussi le service juridique, le plus souvent en pré‐autorisation sur les plates‐formes B2B. C’est dans cette optique qu’EIFEIL a décidé de créer le « CreaMusic Lab », outil numérique qui permet aux labels et éditeurs de musique indépendants de faire connaître leurs catalogues auprès des acteurs du marché de la synchronisation et de la musique à l’image, et où chacun des adhérents pourra proposer son propre catalogue. Là encore, c'est principalement ces types de catalogues, trop peu exposés pour servir la musique à l’image et la synchro, qui vont en bénéficier. On y trouvera bien sûr un service artistique grâce à des gens qui vont travailler au contact des music supervisors du monde entier, incluant aussi la création de playlists et d’un service juridique adapté aux demandes d’aujourd’hui.

Un éditeur est un manager d’œuvres Le monde de l’édition musicale ne pouvait pas rester en marge de la révolution digitale et des algorithmes, et c’est tant mieux ! Néanmoins, internet et l’automatisation de masse ne sont pas encore capables de remplacer certains fondamentaux qui viennent du terrain et du contact humain. Isabel Dacheux le résume très bien : « Les plates‐formes B2B ne sont rien d’autre que des hébergeurs, elles livrent un service partiel qui oblige encore l’artiste à endosser le rôle d’éditeur. Ne pas oublier qu’un éditeur est un manager d’œuvres, et chaque œuvre a besoin d’une promotion et de relations humaines qui lui sont propres. » Pierre Emberger

Shigs Amemiya, CEO & co‐fondateur de iMusician Digital

14 KR home-studio # I avril

d’édition et droits voisins pour nos clients. Et cela devrait s’accentuer à mesure que les sociétés de ges‐ tion adoptent des solutions digitales de plus en plus adaptées pour tracker les utilisations de musique et leurs ayants droit. Pensez‐vous que les revenus futurs de la musique se feront principalement dans l'édition et la synchro vu l'effondrement de la partie mécanographique ? C’est une excellente question, quoique complexe ! Tout d’abord, nous croyons dans les fondements de la réglementation des droits d'auteur. Cependant, il y a un besoin urgent de rafraîchir les règles qui ne tiennent pas suffisamment compte de notre nouvel environne‐ ment digital. Prenez par exemple le terme de « royau‐ tés mécaniques » qui est une relique du temps où l’on fabriquait physiquement une copie pour gramophone par procédé mécanique. En parallèle, les sources de revenus provenant de l’édition sont devenues de plus en plus importantes, et si par le passé les ventes d’al‐ bums contribuaient à hauteur de 60‐80 % des revenus d’un artiste, aujourd hui ils semblent provenir de nombreux autres supports. Mais pour en revenir à votre question : non, nous pensons que les royautés mécaniques – ou le fait de facturer un frais pour la publication / l’usage d’une chanson – sont une source de revenus toujours essentielle. La question ne devrait pas être « est‐ce que les utilisateurs commerciaux de musique – YouTube, Spotify, TV/films, radios, salles de concert, hôtels, restaurants – devraient payer ? » mais plutôt « combien devraient‐ils payer ? ». DR

KR : Pensez‐vous un jour intégrer un service édition chez iMusician Digital ? Shigs Amemiya : Nous sommes constamment en quête d’améliorer nos services et de prévoir au mieux les futures tendances du marché. Notre objectif à long terme est de devenir une plate‐forme tout‐en‐un pour les artistes afin de faciliter la gestion de leurs droits d’au‐ teur et d’être une interface pour les entreprises qui sou‐ haitent obtenir différents types de licence : enregistre‐ ment, édition et synchronisation. Actuellement, nous sommes en train de mettre en place un service de ges‐ tion administrative des droits d’édition et droits voisins qui devrait être offert très prochainement. Nous pré‐ voyons par ailleurs d’offrir des musiques pré‐clearées destinées aux créateurs de contenus sur YouTube pour utilisation libre dans leurs vidéos. Avez‐vous constaté une forte demande dans l'édition digitale de la part de vos clients ? L’édition et la synchronisation représentent un des sec‐ teurs les plus sains de l’industrie de la musique. Malheureusement, souvent les musiciens ne sont pas suffisamment informés sur la gestion des droits d’auteur, c’est pourquoi on estime à plus de 5,7 mil‐ liards d’euros (Reuters) les revenus non réclamés par les sociétés euro‐ péennes de gestion des droits d’auteur. Rien qu’avec l’enregistrement des titres auprès des sociétés de gestion collectives – notre service de gestion administrative collecte actuellement les redevances directement auprès de plus de trente sociétés –, on peut déjà constater l’augmentation des revenus


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Musikmesse et Prolight + Sound Francfort, l’épicentre musical européen Du 4 au 8 avril va se tenir le rendez‐vous incontournable des fabricants et manufacturiers de l’industrie musicale. En fait, ce sont deux salons de plus en plus imbriqués l’un dans l’autre. Le Prolight + Sound ouvrira ses portes du 4 au 7 avril, tandis que le Musikmesse assurera une présence du 5 au 8 avril. Pour mieux comprendre les atouts, perspectives et enjeux de cet événement, nous avons posé quelques questions à Michael Biwer, directeur des salons Musikmesse et Prolight + Sound.

KR:

16 KR home-studio # I avril

DR

Pouvez‐vous revenir sur le savoir‐faire historique que détient Francfort dans l’organisation de salons internationaux ? Michael Biwer : Francfort est connue depuis plus de ans comme un grand site de salons. Les négociants et les hommes d’affaires se retrouvaient auparavant sur la place du marché en centre‐ville, puis, à partir de , ils se rendirent au nouveau parc d’exposition près de la Festhalle. Des salons leaders mondiaux couvrant de multiples secteurs ont été créés à Francfort au fil des décennies et exportés sur d’autres zones géographiq>ues. Nombre de salons de renom comme Ambiente, Heimtextil, Automechanika, Light + Building – ou encore Musikmesse et Prolight + Sound – ont ainsi donné naissance à des manifestations sœurs internationales. Aujourd’hui, des salons « Made by Messe Frankfurt » se déroulent sur 50 sites, l’entreprise est présente pour ses clients dans pays. Les salons Prolight + Sound et Musikmesse ne font plus qu’un seul et même événement. Quelles sont les origines distinctes de ces deux salons et les raisons de ce rapprochement ? Le Musikmesse est issu de la Foire de printemps de Francfort en , devenant ensuite une manifestation indépendante. Le salon est depuis organisé chaque année à Francfort. Prolight + Sound fut créé en , tout d’abord sous forme de domaine thématique au sein du Musikmesse. Il est devenu un salon indépendant et à part entière en Il est vrai que, comparé à , les deux salons se rapprochent cette année : le Musikmesse modifie son calendrier, se déroulant du mercredi au samedi ; les deux manifestations se déroulent ainsi en parallèle trois jours durant, du mercredi au vendredi. Les effets de synergie se renforcent donc entre ces deux salons qui restent néanmoins des manifestations indépendantes, couvrant leur propre éventail de produits et de thèmes, leurs orientations sont conçues en fonction des besoins de leurs secteurs spécifiques. Pouvez‐vous nous indiquer le nombre de visiteurs et d’exposants, ainsi que les origines géographiques des personnes qui se rendent sur Francfort chaque année pour ce rendez‐vous musical ? Le Musikmesse et Prolight + Sound se caractérisent depuis toujours par une internationalité particulièrement élevée. L’année dernière, des visiteurs originaires de pays sont venus aux deux manifestations ; parmi les pays

ayant envoyé le plus de visiteurs, on comptait, outre l’Allemagne, les Pays‐ Bas, l’Italie, la France, la Suisse, la Belgique, la Grande‐Bretagne, l’Autriche, la Chine et l’Espagne. Au total, plus de visiteurs sont venus à Francfort, et quelque 2 exposants étaient présents. Depuis quelques années vous vous êtes rapprochés des organisateurs du NAMM Show pour vous implanter dans d’autres régions du monde. Pou‐ vez‐vous nous expliquer ce choix stratégique ? Le Musikmesse et le NAMM ont des objectifs similaires : proposer une plate‐ forme au secteur international des instruments de musique et donner des impulsions à la culture musicale. Étant donné cette similitude, Messe Frankfurt et le NAMM coopèrent dans plusieurs domaines, par exemple en organisant conjointement le salon de la musique NAMM Musikmesse Russia et Prolight + Sound NAMM Russia, ainsi que la NAMM University dans le cadre de Music China, un salon organisé par notre filiale basée à Hong Kong. Les deux partenaires estiment judicieux de réunir leurs atouts dans ces domaines. Ainsi, comment se comporte actuellement le marché européen face à l’émergence des marchés américain, chinois, russe ? Il est difficile de généraliser. D’une part, la conjoncture du secteur sur les


© Messe Frankfurt Exhibition GmbH/Pietro Sutrea

© Messe Frankfurt Exhibition GmbH/Pietro Sutrea

music business

Le site du Messe Frankfurt comprend 11 halls, tous dédiés à la musique…

marchés que vous citez est très différente et, d’autre part, il n’y a pas non plus d’évolution commune dans les divers pays européens. Mais le climat à la consommation se situe toujours à un niveau élevé en Allemagne, ce qui rend ce marché intéressant pour les entreprises étrangères. Fondamentalement, nombre d’entreprises jugent important d’internationaliser leurs activités pour exploiter de nouveaux marchés. C’est aussi la raison pour laquelle les marques Musikmesse et Prolight + Sound sont présentes dans différentes régions du monde. Si l’on considère le marché chinois, l’expansion des classes moyennes envoie des signaux positifs au secteur de la musique et des spectacles. Dans ce contexte, les salons Music China, Prolight + Sound Shanghai et Prolight + Sound Guangzhou connaissent une croissance et donc une dynamique forte et pérenne. Depuis , votre organisation a modifié les lieux internes, les dates et les jours d’ouverture, pour quelles raisons ? Disons d’abord que, l’année dernière, les développements conceptuels de Musikmesse et de Prolight + Sound ont été implémentés pour préserver l’avenir des salons à long terme. Certaines de ces nouveautés ont connu un véritable succès dès leur première, et nous avons apporté des améliorations dans d’autres segments, en nous basant sur les expériences faites lors des manifestations et sur les résultats des sondages réalisés auprès des visiteurs et des exposants. Dans ce contexte, certains ajustements sont prévus en , portant sur les heures d’ouverture et l’occupation des halls. Répondre de manière optimale aux besoins mouvants des secteurs représentés reste notre priorité dans l’orientation stratégique de nos salons. Le concept des salons restera donc dynamique. Au sein du Musikmesse vous développez désormais une implantation par famille et esthétique instrumentales, notamment pour les guitaristes et batteurs. Du côté des synthétiseurs et matériels de studio, vous proposez maintenant aux visiteurs le « Sound & Recording Lounge », tandis que pour le matériel DJ on pourra assister au « DJCon ». Pour vous, comment se comporte le marché des instruments électroniques face à l’univers des guitares et batteries ? Les chiffres dont nous disposons confirment que les instruments électroniques comptent actuellement parmi les moteurs de vente les plus puissants du secteur – c’est du moins le cas pour le marché allemand. Dans d’autres catégories d’instruments, comme les batteries que vous citez, les ventes ont progressé moins rapidement en Allemagne ou ont même parfois reculé. Indépendamment des chiffres de vente, nous souhaitons créer des points d’attraction puissants qui s’adressent de manière individuelle aux

différentes communautés musicales. Outre les exemples que vous citez, le « Drum Camp » et le « Guitar Camp » font partie de ces centres d’attraction, avec les prestations de musiciens mondialement connus, ainsi que la nouvelle « Beck’s Wood & Brass Stage », une scène de concert pour les amateurs de musique de fanfare traditionnelle et moderne. Job Exchange (Jobbörse) est une nouvelle manifestation au sein du Pro‐ light + Sound qui offre une plate‐forme d’emploi entre sociétés et candi‐ dats. C’est une excellente idée, mais elle est actuellement uniquement en allemand. Réfléchissez‐vous à une extension internationale, notamment pour les Français et dans leur langue ? Le nouvel espace Jobbörse s’adresse dès cette année aux postulants internationaux. Mais, pour nombre d’exposants dans les autres halls, le contact avec les jeunes talents du secteur est également une belle raison de participer au salon, notamment dans un contexte de manque de main‐ d’œuvre qualifiée dans le secteur de l’événementiel. Bien évidemment, nous souhaitons étendre la plate‐forme d’emploi dans les années à venir afin de faire de Prolight + Sound un centre d’attraction encore plus puissant pour les jeunes professionnels du monde entier. Pouvez‐vous nous présenter l’opération « Future Talents Day » qui se déroulera le mardi 4 avril sur le Prolight + Sound ? Dans le cadre du Future Talents Day, nous nous adressons de manière ciblée aux apprentis, aux élèves d’écoles professionnelles et aux étudiants du secteur de l’événementiel pour qu’ils se rendent au salon. Nous avons émis pour cela un contingent de billets gratuits. Pendant cette journée, le programme de séminaires de Prolight + Sound s’adresse surtout à ce groupe‐ cible et délivrera par exemple des informations sur les possibilités de carrière dans le secteur de l’événementiel. Outre les nouveautés précitées, qu’est‐ce qu’il ne faudra surtout pas rater cette année une fois arrivé à Francfort en avril ? Tout d’abord, évidemment, un large éventail de nouveaux produits touchant aux instruments de musique et à la technologie événementielle, avec quelques premières mondiales. Et, d’autre part, le programme étoffé qui accompagne le salon, avec des concerts, des ateliers, des séminaires, des Meet & Greet et bien plus encore. L’offre reste abondante, même après la fermeture des halls : le « Musikmesse Festival » propose un large choix de prestations d’artistes célèbres dans les clubs et les salles de concert dans tout le centre‐ville de Francfort, dont l’icône de la soul Oleta Adams, le lauréat d’un Grammy Steve Stevens ou des musiciens de jazz mondialement connus comme Branford Marsalis & Kurt Elling. Thierry Demougin bringdadabeer.com, bringdadabeer.com avril I KR home-studio # 17


autoprod Son

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Vincent V

studio des potes

Vincent V à l’œuvre at home.

S

on, trois minuscules pour un mot capital. Le plus court chemin pour aller à l’essence des choses. Comme l’air qu’on respire, comme l’air qu’on écoute. Vincent V nous épargne les détours, la musique vise le plaisir, et le plaisir est assez fort pour se charger de messages. Ainsi naît un rock ambiant, où sa voix alterne anglais et français, caresses et éclats, batterie, guitares et claviers en parfaits complices. La batterie, son premier instrument, l’amorce d’une riche route. Des kilomètres, des rencontres et non des moindres puisqu’on le retrouve à jammer avec Macy Gray, Jean‐Louis Aubert, ou encore au Montreux Jazz Festival avec BB King, Stanley Clarke, David Sanborn, John McLaughlin, et dans l’équipe son avec Phil Collins, puis Genesis. Bref, Vincent V n’est pas là par hasard, s’investissant au‐delà de la musique, dans l’image, digne du cinéma, et jusque dans l’écologie par la voix qu’il porte au nom de la planète. En témoigne le superbe clip réalisé pour « I Swear », le premier single extrait de l'album, véritable court‐métrage auquel participe la présentatrice TV Maïtena Biraben. Respire, écoute, comme des mots‐clés… Et de clé, il en est justement question, USB celle‐ci, qui fait suivre les mots par les actes, puisque, prenant la forme d’un astucieux trombone caoutchouté, elle renferme à elle seule tout l’album et plus encore, nul besoin de CD, la clé verte d’une porte grande ouverte sur le Son ! Voilà qui illustre bien l’originalité et l’implication du personnage. Alors c’est peu dire qu’il est impliqué dans le son, que ce soit dans son home‐studio, siège de toute la préparation de l'album, des prises de base, qui ne se sont pas dispensées de la location d’une salle, ou dans le choix de ses collaborateurs. Ainsi, outre, en sa demeure, ses iMac, Logic Pro, interfaces MOTU x et 8pre, console Yamaha 01V, tranches/racks Avalon Vt‐sp et Joemeek OneQ, préamp API +, convertisseur Behringer Ultragain Pro‐8, écoutes Mackie HR, entre autres casque et micros, direction le studio Black Box avec David Odlum, les studios Garage et Gaz avec Bernard Natier et David Grillon, sans oublier des séances en Suisse ou chez son guitariste Patrick Macheret et son claviériste Nicolas Bamberger. Un artiste fédérateur, et diablement inspiré quand on sait que la préparation de l'album a démarré sur la base de 50 morceaux, eux‐mêmes le fruit d’une première sélection ! Oui, Vincent Vit et Vibre. bringdadabeer.com Le clip de « I Swear » : bringdadabeer.com

KR : Sacré parcours, fait de rencontres, de jams… Aujourd'hui vous collaborez avec David Odlum, lauréat d'un Grammy Award, investi dans la production et le mixage de cet album. Lequel de vous deux a découvert l'autre en premier ? À chaque fois qu'un album me plaît, je note qui l'a produit. Le nom de David Odlum est revenu plusieurs fois : Gemma Hayes, Luka Bloom, Glen Hansard, film Once… Un jour j'ai réalisé que cet Irlandais était en fait installé dans le studio Black Box, en France. Je l'ai contacté avec le titre « Oser Le Bonheur », qui ouvre Son, et il a accepté de travailler avec moi. Il a vraiment contribué à l'identité sonore de l'album. Diriez‐vous que les célébrités sont plus faciles à approcher qu'on ne le pense, qu'on peut échapper à leur réseau de communication afin de les toucher directement ? Difficile à dire… les rencontres que j'ai faites se sont toujours produites dans le cadre de mon travail au sein des équipes son ou de la production sur les 18 KR home-studio # I avril

Le single « I Swear », qui profite d’un remarquable clip. L’astucieux trombone USB, porteur de l’album et plus encore, pour clipper le Son où l’on veut.

festivals. Dans ce cadre‐ là, je peux juste dire que les célébrités sont des gens communs… J'ai essayé par le passé d'en contacter via les réseaux sociaux, pour jouer dans mes clips, faire des premières parties… ça a été % d'échec, ah ah ! Je crois que le réseau traditionnel via le management reste le meilleur. Maintenant, un acteur ou musicien connu veut avant tout faire son métier, donc il faut de toute façon une « vraie bonne raison » de le contacter pour espérer avoir un retour… Vous avez également la passion du « visuel », comme en témoignent par exemple votre magnifique clip pour « I Swear » ou encore votre spectacle de avec images projetées et musique live synchronisées. Allez‐vous poursuivre la voie de l'intégration de l'image à vos concerts ? Oui absolument. Mon idée est de ne surtout pas mettre de l'image pour de l'image, mais de proposer des contenus qui font totalement sens par rapport aux morceaux, qui apportent une plus‐value en termes d'émotion. Il y a deux difficultés majeures. D'une part, il s'agit de trouver une cohérence visuelle sur l'ensemble du spectacle. Le bon fil rouge est celui qui ne donne ni une impression de patchwork, ni le sentiment que l'on présente la même chose pour chaque chanson. D'autre part, il est nécessaire de bien doser, sur deux niveaux. Premièrement, établir une bonne balance au sein de la setlist entre morceaux accompagnés de vidéo et morceaux sans. Deuxièmement, pour les morceaux avec vidéo, il y a un dosage de « regard » à faire : celui du spectateur doit pouvoir naviguer avec fluidité entre ce qu'il voit sur scène et ce qu'il voit à l'écran. Si son œil est tiraillé, c'est perdu ! Il y a donc une réflexion à faire sur les placements sur scène, les déplacements, l'éclairage… Olivia Clain


Sacem découvertes

chanson

Dans le cadre du programme d’aide à l’autoproduction organisé par la Sacem, nous présentons de manière récurrente une sélection d’artistes qui ont été soutenus par cette action. Ainsi, les auteurs et compositeurs, sociétaires de la Sacem, peuvent bénéficier d’une aide de 4 € pour autoproduire un enregistrement. Pour connaître les modalités d’éligibilité et télécharger les documents nécessaires, nous vous invitons à vous rendre sur le site internet de la Sacem : bringdadabeer.com, puis à naviguer parmi les choix suivants : « Voir nos programmes d’aide », puis dans le menu « Types de projets » et « Domaine d’intervention » cliquez sur « Musiques actuelles ». Vous aurez enfin accès à la fiche « Aide à l’autoproduction ». Thierry Demougin

Pianocean Ici / Là‐bas [Pianocean] bringdadabeer.com

jazz world

Marieke Huysmans‐Berthou est une pianiste et chanteuse ayant suivi un double cursus, celui du conservatoire en musique classique et en jazz. Ses compétences l’ont ainsi menée à former à Grenoble en le trio jazz hip hop Miss White & The Drunken. Mais la jeune artiste de 27 ans a également une autre passion, celle de la navigation maritime. Grâce à un diplôme de navigation de l’école des Glénans et un brevet de pilote, elle a développé un projet original et unique : Pianocean. Le principe est simple, embarquer un piano et un studio d’enregistrement mobile sur son voilier, le Lady Flow. Une fois en mer, Marieke fait des haltes dans les ports et assure des concerts de son bateau une fois à quai. En , la chanteuse a sillonné pendant six mois la Méditerranée, avec près de 70 concerts, en c’était la Bretagne Sud et l’Atlantique pour quelque 80 concerts. Chaque tournée donne lieu à l’enregistrement d’un album. Avec un projet aussi authentique, il était tout à fait logique que les membres de la Commission de l’Action Culturelle de la Sacem aient souhaité récompenser le travail de Marieke, celle que l’on nomme aussi la « Pianigatrice », en lui accordant le programme d’aide à l’autoproduction lors de la session qui s’est tenue en novembre dernier.

AfuriKo Style [AfuriKo] bringdadabeer.com

Le projet AfuriKo est né en à Paris de la rencontre entre la percussionniste d’origine japonaise Akiko Horii et le pianiste anglo‐français Jim Funnell. Ces globe‐ trotters ont tous deux de multiples expériences à leur actif. Akiko s’est très vite spécialisée dans la musique, la danse et les percussions africaines de l’Afrique de l’Ouest, obtenant un Bachelor à Los Angeles auprès du California Institute of the Arts. Elle a ainsi joué avec Mamady Keita, Bala Camara, puis, arrivée en France en , on la retrouve auprès de Oxmo Puccino, Kerry James ou encore Ibrahim Maalouf. Après des études de piano classique au conservatoire d’Évry, Jim Funnell débarque au Berklee College of Music de Boston. Pendant sa scolarité, il partage la scène avec Marcus Miller, Meshell Ndegeocello, Russell Ferrante et Marcus Baylor du groupe The Yellowjackets. Il forme ensuite le trio de jazz Word Out et enseigne en donnant des masterclasses d’harmonie jazz et d’improvisation. Avec cet univers si varié, il n’était pas étonnant que la musique cérébrale d’AfuriKo ait séduit la Commission de l’Action Culturelle de la Sacem, leur accordant le programme d’aide à l’autoproduction lors de la session qui s’est déjà tenue en avril


reportages

tendance

Le revival des modulaires (part 2) créer son propre système

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Comme nous l’avons vu le mois dernier, le retour en force des synthétiseurs modulaires est certainement plus qu’un simple effet de mode « vintage ». Créer une architecture sonore unique, en combinant des modules choisis parmi les centaines disponibles, est en soi un acte de création. Suite de ce voyage dans l’univers des modulaires.

figure 2

figure 1

West ou East ? Non : 0 Coast de MakeNoise.

Plutôt bois ou étanche ?

figure 3 Planifier, planifier…

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i concevoir et assembler son propre modulaire s’avère extrêmement gratifiant, c’est une aventure qui ne s’improvise pas. La lutherie électronique nécessite un minimum de connaissances que l’on trouve assez facilement sur le net sous forme de vidéos, tutoriels et sur des sites pédagogiques. Il faut non seulement imaginer le nombre de voix (et du coup le mixeur), le(s) type(s) de synthèse, de filtres, d’enveloppes, de modulateurs et d’effets souhaités, ainsi que la présence ou pas d’un séquenceur, d’un arpégiateur, etc., mais aussi prendre en compte le poids et l’encombrement résultants. Souhaite‐t‐on souvent déplacer son modulaire ou bien restera‐t‐il à demeure dans le studio ? Doit‐il communiquer avec une DAW ? A‐t‐on besoin du MIDI ? D’un clavier ou de contrôleurs ? La taille de la valise ou du rack (figure 1) qui va recevoir les modules, sa finition (il existe de purs bijoux), le fait qu’il soit pliable (avec la possibilité de laisser tout câblé quand on le plie), tout cela a aussi son importance. Dans la variété des courants de musique électronique (techno, noise, drone, sound design, beats…), quel type de timbres cherche‐t‐on ? Plutôt East Coast, type Moog et synthèse soustractive, ou bien West Coast, ambiance San Francisco, Buchla et synthèse exotique ? (figure 2). Pour corser le tout, comme nous allons le voir, il existe plusieurs formats de module, bien entendu pour la plupart incompatibles. C’est pour cela qu’on trouve sur internet des sites de planification de modulaires (figure 3). Citons par exemple celui de Stefan Breitenfeld ou de Modulargrid (voir « aller plus loin »).

20 KR home-studio #  avril

Plusieurs standards Il existe plusieurs standards de modulaires (figure 4). On parle alors de « facteurs de forme », ou « form factors » en anglais. Les différences portent principalement sur la hauteur des modules, l’alimentation électrique (puissance et type de connecteur) et le type de connecteurs utilisé pour patcher les modules entre eux, les plus répandus étant le jack quart de pouce, le jack 3,5 mm et la fiche banane (figure 5). La mesure employée pour les caractériser est le « U ». Elle est basée sur la hauteur du plus petit rack 19 pouces ( mm de large). 1U est égal à 1,75 pouce, soit environ 4, mm. Dans les standards dominants, on trouve le « Moog Unit », ou MU. Il s’agit de grands modules de 5U de hauteur (8,75 pouces ou ,25 mm). C’est par exemple la taille des modules de bringdadabeer.com Les modules MU ont une largeur de 2, pouces, ce qui correspond à huit emplacements dans la largeur d’un rack de 5U. La même taille que celle des modules Moog, mais avec le connecteur d’alimentation de bringdadabeer.com qui a su s’imposer. La puissance requise dans ce cas est


Choisir des patchs de qualité.

figure 5 Quel format choisir ?

figure 4

figure 6 Easel K de BEMI.

figure 7 Black & Gold Shared System.

figure 8 Version MU chez bringdadabeer.com

+/‐ 15 V et +5 V. Les modules MU ont l’avantage de proposer de gros boutons, un bel espace de travail, souvent noir, et utilisent des jacks quart de pouce. L’autre standard, très populaire, est l’Eurorack. Avec ses ,5 mm (environ 5 pouces), il entre dans la catégorie des 3U. Il utilise des jacks 3,5 mm et un câble plat pour l’alimentation en +/‐ 12 V. L’Eurorack, avec ses boutons bien plus petits, a l’avantage de permettre de créer des instruments facilement transportables. Il a la faveur de la plupart des fabricants actuels. Deux autres formats, bien que plus rares, sont à considérer : le MOTM est un 5U, mais avec un connecteur d’alimentation et des largeurs différentes du MU, même s’il s’alimente aussi en +/‐ 15 V, et le Frackrack est un 3U (5,25 pouces) avec un cordon d’alimentation comme celui du MOTM mais des jacks 3,5 mm.

Par où commencer ? Pour un premier modulaire, au‐delà du choix de facteur de forme, commencer par prévoir un budget. En sachant que les modules peuvent aller de moins de € à plus de 1 € pour des bêtes de course exotiques, l’addition peut vite monter. Surtout qu’il faut aussi prévoir la caisse, l’alimentation et des cordons en quantité suffisante et de diverses longueurs et couleurs (bien utile pour se repérer). Le tout est fonction de l’agencement des modules que l’on souhaite connecter. Ne pas hésiter à investir dans la qualité, car les câbles sont très sollicités. Ce budget pourra sembler important pour les utilisateurs d’instruments virtuels, habitués à une polyphonie illimitée, mais le plaisir fera vite oublier la douloureuse : on va rapidement s’apercevoir qu’avec quelques voix de vrai bon son, on compose bien mieux, et bien plus facilement. En ce qui concerne le choix des modules et pour juger des caractéristiques sonores de ces derniers, rien ne remplace l’expérience de poser les doigts sur la bête. Néanmoins, comme tous les modules sont présentés en ligne dans des vidéos produites par les fabricants ou des passionnés, si l’on prend le temps de bien se renseigner, il y a peu de risques de se tromper. Budget et format choisis, deux solutions. La première, acheter un système « clé en main » proposé par une marque, et qui comprend tout le nécessaire. On le reçoit, on câble et on joue. Cette formule a l’avantage de commencer sur des systèmes éprouvés, faciles à revendre, que l’on pourra compléter ultérieurement si besoin. Pas de risque de mauvais branchement (on peut facilement griller un module en l’alimentant incorrectement). L’esthétique sera impeccable. Pas de « trous » dans la façade, ni de modules sans rack en cas de mauvais calcul sur les largueurs des modules. La seconde solution, on l’aura deviné, est de construire complètement son modulaire en mélangeant les différentes marques.

Pléthore de marques La plupart des fabricants réputés qui disposent d’un catalogue conséquent de modules proposent aussi des systèmes. C’est par exemple le cas de BEMI

(Buchla Electronic Musical Instruments) avec son indémodable Easel (figure 6) et ses différentes déclinaisons, déjà en valise. Les plus fortunés lorgneront sur le Skylab et ses flancs en bois. Chez MakeNoise, le Black & Gold Shared System (figure 7) reste une référence. On pourrait aussi citer les systèmes Doepfer comme le A‐ disponible en diverses variantes, ou ceux, au format MU, de bringdadabeer.com (figure 8). Pour trouver la liste des marques, le site Muffwiggler (voir « aller plus loin ») est une mine de renseignements. Ne pas hésiter à s’y abonner et à consulter les forums. En France, une bonne adresse parisienne : Modularsquare. Ils importent beaucoup de modules d’excellentes marques que l’on peut essayer dans leur boutique, rue Sedaine dans le 11e arrondissement. Si cet article vous a donné envie de tenter l’aventure modulaire, plongez sans crainte ! Patcher est l’occasion d’approfondir une connaissance solide du son tout en développant un rapport intime avec les principes fondamentaux de la synthèse. Ne pas hésiter à commencer modestement, de manière à comprendre exactement ce que l’on fait. La beauté de l’exercice, c’est que, pas à pas, au fur et à mesure des progrès, on pourra évoluer en ajoutant tel ou tel module pour construire un système qui correspondra exactement à nos goûts et besoins. Mais attention au portefeuille. Il s’agit d’une passion dévorante et rapidement addictive ! Pierre Estève

aller plus loin… Planifier son modulaire : • bringdadabeer.com Et aussi : • bringdadabeer.com bringdadabeer.com Liste des fabricants Eurorack : • bringdadabeer.com bringdadabeer.com?t=&sid=36a9b3 caadb96bbf6c Conseils : • bringdadabeer.com eurorack-tips-for-beginners Guide SOS pour choisir un modulaire : • bringdadabeer.com techniques/sos-guide-choosingmodular-synth

Comparatif de câbles : • bringdadabeer.com spreadsheets/d/bIvzY85o0Qs VRrKOMMff6cAGUbkXJJzOyg8H ygklQ/edit#gid=0 Les formats : • bringdadabeer.com bringdadabeer.com • bringdadabeer.com bringdadabeer.com • bringdadabeer.com • bringdadabeer.com synthesizers/shared-system • bringdadabeer.com • bringdadabeer.com

avril I KR home-studio # 21


reportages

les métiers de la musique

Association Accents du Sud plate‐forme festivalière et culturelle Didier Fois propose d’associer l’économie et le tourisme béarnais à l’action « Accents du Sud », avec passion et pragmatisme ! Une belle réussite comme le prouve le succès des diverses manifestations qu’il impulse.

22 KR home-studio # I avril

méditerranéen et métissé. Los Seuvetons également, qui sont l’expression même d’une culture et d’une langue toujours vivantes : la polyphonie, la danse, la transmission, loin des clichés « folklorisants ». La pratique des danses traditionnelles est très vivante en Béarn et sur tout le territoire gascon. Il ne se passe pas une semaine sans un bal, un atelier, un stage de perfectionnement ou une soirée… Ensuite une Cantèra ouverte à tous, avec cette façon qui est la nôtre de nous réunir autour d’un répertoire chanté traditionnel ou plus contemporain, en polyphonie. La soirée concert… La soirée sera une véritable invitation au voyage. Les deux formations que nous avons choisies sont des références dans le créneau « Musiques du Monde » et elles sont le reflet d’une culture vivante et ouverte… sur le monde ! Les cinq gaillards de Du Bartàs tissent des ponts entre leur Languedoc naturellement métissé et le continent africain. Oud, cuatro, accordéon et violon oriental se mêlent au chœur puissant de ces cinq voix pour nous amener à une musique à écouter jusqu’à la danse. Puis André Minvielle, explorateur vocal amoureux des sons et de leur imbrication, nous proposera en famille un bal de tous les accents : cumbia, bourrée dauphinoise, fandango ou java brésilienne… un répertoire métissé et une véritable invitation à la danse ! La pratique instrumentale traditionnelle vit‐elle un regain d’intérêt depuis quelque temps ? Oui, en effet ! Les musiques traditionnelles sont enseignées dans les conservatoires, et les lieux de diffusion de ces esthétiques‐là, toujours plus nombreux, incitent à leur apprentissage. Par ailleurs, les écoles bilingues (Òc Bi) et immersives (Calandretas) attirent de plus en plus de jeunes et permettent ainsi une redécouverte et une réappropriation de ce patrimoine immatériel. De fait, les instruments traditionnels sont de plus en plus perçus comme des instruments ayant toute leur place dans la palette proposée. Faire intervenir les pratiques amateurs et intégrer le monde scolaire ! De quelle manière ? La pratique amateur est au cœur même de la reconnaissance que nous souhaitons pour notre culture. Les réseaux associatifs foisonnent en matière DR

KR:

Quelles sont l’histoire et la mission de l’association Accents du Sud ? Didier Fois : L’association a été fondée en à Pau en Béarn sous l’impulsion de Jean‐François Duprat et de moi‐même. L’ambition du festival, et plus généralement celle d’Accents du Sud, est en priorité la valorisation des expressions artistiques et culturelles occitanes, mais aussi basques, navarraises, aragonaises, catalanes. C’est une association à laquelle s’adosse une organisation professionnelle : Frédéric Bosc et Jeff Duprat en sont les représentants officiels, en compagnie également de Nathalie Cabannes et d’Alain Bourême. S’y joignent les membres actifs que l’on retrouve dans les commissions de travail et les bénévoles qui sont une centaine pendant le festival ! L’équipe « pro » interne est composée de deux personnes : moi‐même, directeur, et Julie Le Marc’Hadour, chargée de mission. Des prestations externalisées la complètent, comme celle de notre attachée de presse Claire Lextray, au savoir‐faire incontournable, pour une aventure telle que « La Bellevilloise » ! Justement, venons‐en à la première édition d’Accents du Sud à Paris, « La Bellevilloise » : lorsque culture, économie et tourisme se rejoignent… Eh bien c’est justement là le sens que nous voulons donner à cette manifestation. La mise en avant d’un territoire : le Béarn, sous toutes ses cultures. Une démarche collective à travers laquelle les sphères économique, touristique et culturelle présentent leur dynamisme. Accents du Sud est en tête de pont de cette initiative et la culture s’y invite tout au long de ces deux jours : tout particulièrement le samedi 20 mai , avec la présence d’artistes déjà retrouvés sur des éditions passées de Hestiv’Òc. Et plus précisément… Avec la participation d’André Minvielle et son Ti’Bal Tribal mené en famille, qui a pour ambition de proposer un bal métissé : un moment de partage autour des musiques à danser. La présence de Du Bartàs qui revendique la Méditerranée comme territoire de jeu et d’exploration. En occitan et en arabe, ils chantent les traces anciennes ou récentes laissées par l’histoire au creux de leur Languedoc


de chant, de danse, de théâtre, etc. Sur le festival, la représentation associative « amateur » se frotte également sans complexe à la représentation professionnelle. La confrontation est souhaitable, nécessaire même. Les scolaires participent régulièrement à des ateliers dans le cadre d’actions de médiation. Ce fut le cas dernièrement pour des collégiens, lors du dernier festival Hestiv’Òc ‐ Clap de Lenga (cinéma/audiovisuel) avec une initiation aux techniques de doublage ou encore une initiation à la création d’un court‐métrage. L’impact est à chaque fois positif et suscite même des débuts de vocation ! Combien de temps faut‐il pour organiser un festival comme celui‐ci ? C’est un travail qui s’étale tout au long de l’année. Les demandes de subventions s’effectuent très tôt auprès des collectivités publiques. L’animation du réseau des partenaires et mécènes, ainsi que de celui des bénévoles, est constante. La communication doit régulièrement occuper le terrain médiatique. De plus, les orientations stratégiques et la programmation font l’objet d’une attention toute particulière au regard de la forte attente sociale et des sollicitations toujours plus importantes. Quelles qualités sont les plus importantes dans votre fonction ? La capacité à convaincre, la persuasion et l’adaptabilité. Croire en un projet ne suffit pas, il faut faire adhérer différents acteurs de la société civile, différents influenceurs aussi et tout cela en restant fidèle à ce qui vous anime. Avoir de l’audace tout en faisant preuve de réalisme. La capacité à se projeter, à imaginer le développement à court, moyen et plus long terme ! Cela introduit la notion de stratégie, au sens noble, de l’action que l’on porte. Savoir mettre en perspective les impératifs du quotidien avec des actions de temps longs. La sensibilité et la bienveillance à l’égard d’autrui sont importantes. Nul projet n’est viable s’il n’est partagé par un plus grand nombre d’aidants. Le respect des autres, l’écoute, la considération et l’empathie parfois sont des attitudes naturelles à posséder et à cultiver sans cesse si l’on veut s’entourer durablement, de façon pertinente et en toute confiance. Le pragmatisme et le réalisme, et tout particulièrement

4 –7. 4. Frankfurt am Main

dans les phases de prises de décisions, sont de rigueur. Ces notions‐là ne viennent en rien en opposition avec le fait d’imaginer, de créer, de rêver… Une anecdote musicale relative à votre activité d’organisateur de festival ? En , lors de la première édition du festival, un groupe de musique actuelle réputé, festif, dénommé Sangria Gratuite, est programmé. Le public vient au concert et quelques festivaliers ne connaissant pas encore le groupe s’approchent de la buvette et demandent : « C’est où que l’on peut commander de la sangria… gratuite ? » Moment drôle ! Michelle Davène

aller plus loin… Contacts public Accents du Sud : • bringdadabeer.com, [email protected], 05 59 90 34 94 Retrouvez les autres festivals d’Accents du Sud sur le site : • bringdadabeer.com Et sur le site de l’Ostau Bearnés, la Maison de la Culture béarnaise : • bringdadabeer.com du_sudhtml La Bellevilloise, salle de concert et d’exposition, 19‐21 rue Boyer, Paris, 01 46 36 07 07 : • bringdadabeer.com Formation professionnelle pour être organisateur de festival :

À Issoudun, la formation pour le titre homologué niv. III au RNCP de « Chargé de Production » (1 heures) : • bringdadabeer.com Les formations niv. I, II et III de l’ISCPA : • bringdadabeer.com Réglementairement, l’organisateur de festival devra aussi être titulaire de la Licence d’Entrepreneur du Spectacle, préparée en formation continue. Consultez entre autres : • bringdadabeer.com • bringdadabeer.com • bringdadabeer.com

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Cartes d’entrée et informations : bringdadabeer.com


© Asato Lida

artistes

rencontre

rythmes sauvages

Depuis le début de la décennie, le rockeur californien n’arrête pas. Pourtant, il a trouvé une manière d’accélérer encore son rythme de production. Enregistré de façon spontanée et urgente, son quatrième album Savage Times réunit en fait cinq maxis conçus pour coller à la consommation musicale de l’époque. Le point de départ de ce quatrième album est à chercher dans les tragiques attentats de fin … Hanni El Khatib : Oui, tout est parti de mon concert parisien annulé en novembre Ma tournée devait s’arrêter avec un dernier concert au Trianon. Et puis, une semaine auparavant, les attentats du Bataclan ont eu lieu. Je m’étais mis dans la tête qu’après la tournée je prendrais peut‐être une pause. Je voulais notamment produire d’autres groupes. Mais comme mon concert au Trianon a été annulé, je me suis dit que je devais profiter de ce temps libre imprévu pour aller enregistrer. J’avais besoin de m’explorer en tant que musicien, je disposais de temps libre, aucun engagement à l’horizon. Il n’y avait pas de meilleure période pour concentrer mon énergie sur l’écriture et l’enregistrement. Je me suis réservé quelques jours de studio pour voir où ça pouvait me mener. Vous y êtes parti sans démo, ni esquisse ? En réalité, je prends tout le temps des notes sur mon téléphone portable, j’enregistre un riff pendant trente secondes ou une mélodie vocale. Si je me

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24 KR home-studio # I avril

souviens bien, le premier jour, j’ai fait écouter tout ce que j’avais enregistré à Jonny Bell (Crystal Antlers) qui a été le coproducteur et l’ingénieur du son. Mais, à part ça, j’ai voulu ne rien planifier, ne pas avoir de choses spécifiques à l’esprit. Quelle que soit l’humeur dans laquelle j’étais en arrivant au studio, c’était celle dans laquelle j’allais enregistrer. Beaucoup des paroles ont été écrites sur le champ, c’est pourquoi elles ont un côté viscéral. Je ne les avais pas écrites à l’avance, avant de les chanter, elles ne figuraient nulle part… à part dans ma tête. C’était important pour moi d’être libre, d’être débarrassé de la contrainte de l’album. Pourtant, au final, après les cinq maxis Savage Times numérotés de 1 à 5, il y a l’album éponyme… Au début, je pensais établir un catalogue d’inédits. L’idée générale était de ne pas respecter le cycle rituel album‐tournée‐album afin de donner à mes fans de la musique plus rapidement. Après trois albums conçus de manière traditionnelle, entre deux tournées, qu’est‐ce que j’avais à perdre à procéder différemment ? Quand tu prépares un album, tu travailles toujours sur



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