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Ement bernard lavilliers 5 minutes au paradis

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Dans ce décor industriel, le rouge de ses chaussures et celui du revers de son col délivrent un message politique pas vraiment subliminal. Après avoir traversé de gigantesques entrepôts de la SNCF cachés entre la gare de Bercy et la gare de Lyon (Paris 12e), Bernard Lavilliers marche sur les rails, tâte les carcasses rouillées des locomotives, hume les parfums de graisse et de fer. Il paraît ici dans son élément. « C'est le genre de décor qui aurait pu faire la jaquette du CD », nous glisse son manageur, Frédéric Vinet. Le chanteur voyageur, dont le père travaillait à la Manufacture nationale d'armes, garde de son enfance à Saint-Etienne (Loire) une sensibilité pour la cause ouvrière et une forme de « romantisme industriel » assumé. Dans son nouveau disque, le sublime 5 minutes au paradis, Lavilliers continue de creuser le sillon difficile de la chanson engagée : les migrants, les dérives du roi de l'acier Mittal, les licenciements abusifs, le terrorisme Mais, au bout du tunnel, surgit L'Espoir, dernier titre du disque, un charmant duo avec sa complice Jeanne Cherhal. Amateur de poésie, l'auteur a trempé sa plume acérée dans un bain d'élégance et, comme il aime à le faire, défend un grand auteur, Pierre Seghers, mythique éditeur de poésie, en interprétant La Gloire, une charge contre les soldats français de la guerre d'Algérie. Un texte flamboyant enrichi d'une mélodie entêtante qui résonne avec l'actualité. Côté musique, l'artiste qui a autrefois donné dans le rock dur, la salsa, le reggae et même la bossa, signe un album d'une modernité étonnante. A la manière d'un Johnny, il a su s'appuyer sur le talent de ses cadets, comme Feu! Chatterton ou Benjamin Biolay.

Et après vingt et un albums studio vendus à plusieurs millions d'exemplaires, des milliers de concerts et de « courts exils », comme il dit, plus que des voyages d'agrément, comment fait-il pour garder la forme ? « Trente minutes de sport tous les matins : corde, pompes, sac », assène-t-il, viril. Oeil qui frise, humour noir et réparties canailles, Bernard Oulion (son vrai nom) reste un gamin facétieux. C'est sans doute ce qui fait

Comment est né cet album ?

Bernard Lavilliers Je l'ai commencé lors de ma dernière tournée. Je ne peux pas rester en place. A chaque nouvel album, je cherche un son unique. Je teste des choses différentes. Je suis le contraire de Cabrel (rires) ! Le processus créatif est le suivant : quand j'ai fini d'écrire, je fais ma maquette dans mon studio avec mes musiciens et je l'apporte à Romain Humeau, un expert du son qui arrange mes disques. Sur le titre Croisières méditerranéennes, c'est lui qui a trouvé cet instrument bizarre qui fait une espèce de bruit de mer. C'est un vieil instrument électronique qu'il est un des seuls à posséder en France Il fabrique ces climats, cette matière sonore.

Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne suis pas un mec qui se lève à 5 heures du mat' et qui écrit vingt pages par jour. En revanche, je ne rate pas l'inspiration quand elle vient. Souvent, la mélodie et les textes me viennent en même temps. Comme sur Les Mains d'or ()

Il y a souvent, dans vos chansons, des paroles tristes sur des mélodies rythmées. Pourquoi ?

Mélodie sombre et paroles sombres, c'est trop. C'est ton sur ton. Bon pour la casse, notamment, m'est venu de l'histoire d'un ami, numéro 2 d'une grosse boîte, qui m'a raconté qu'on lui avait annoncé à 17 heures qu'il était viré et qu'il devait partir dans la demi-heure. Puis le groupe Feu! Chatterton a travaillé avec moi sur ce titre. Ils lui ont donné une couleur un peu new wave.

Pourquoi avoir choisi de travailler avec eux ?

J'aime le fait qu'ils chantent en français On leur a demandé si ça les intéressait de bosser avec nous sur l'album. On les a retrouvés dans leur appartement avec les maquettes. On a répété douze heures par jour. Ils ont bien compris l'univers de mes chansons. Leur musique, un rock romantique, me plaît. Et, surtout, ce sont de gros bosseurs.

Quand on écoute l'album, on se dit que rien ne va dans le monde de Bernard Lavilliers

Je ne vois pas comment ne pas écrire sur le Bataclan, ou les actualités tragiques qui nous entourent. C'est le monde autour de nous. Je n'ai pas le choix. Un de mes amis a perdu sa femme au Bataclan. Quand je chante le 14 juillet , le soir même, il y a 86 morts à Nice. J'ai joué au Trianon le surlendemain de Charlie Ces événements sont là. Comment y échapper ?

Quand on écoute la chanson La Gloire, sur un poème de Pierre Seghers, on a l'impression que vous parlez des terroristes alors que le texte évoque en réalité les soldats français en Algérie

Je l'ai fait exprès. Le poème parle des parachutistes en pendant la guerre d'Algérie, et je fais le parallèle avec les terroristes d'aujourd'hui. Pour moi, les tueurs, qu'ils soient sanctifiés par l'Etat, l'armée ou Daech, c'est pareil. A un moment donné, ce ne sont plus des êtres humains.

Vous évoquez le sujet des migrants. Quel est votre regard sur ce drame ? Trouvez-vous que la France se comporte bien ?

Non, pas terrible.

Et l'Allemagne, c'est mieux ?

Ils le font pour des raisons démographiques En France, c'est soit l'extrême gauche qui pousse des cris, soit la gauche Hollande qui ne fait rien. Mais je ne vais pas fouetter la France, elle se fouette elle-même.

En concert le dimanche 17 septembre , à Paris, dans le cadre de Printemps solidaire, qui milite pour que la France s'engage dans le développement des pays les plus pauvres. (Denis Tribhou/Dalle APRF)

Vous n'êtes pas désespéré ?

Non, j'ai écrit la chanson L'Espoir, car j'y crois.

Cynique ?

Non, j'aime l'humour noir, mais je ne suis pas cynique.

Mélancolique ?

Non, mais j'ai des coups de blues. Je me cache pour ne pas contaminer les autres. Dans ces moments-là, je me demande quel est le sens de la vie.

Ne craignez-vous pas que vos chansons soient parfois mal comprises, comme celle sur Mittal (PDG d'ArcelorMittal, NDLR) ? Que le public croie que vous mettez tous les patrons dans le même sac ?

Non, sur Mittal, je ne dis rien de méchant. Après, les patrons de PME, c'est autre chose

Tous les grands patrons sont-ils des salauds ?

Non, pas du tout. Il y en a aussi de très bien

Vous lisez les journaux ?

Oui, je les achète au kiosque, rue Oberkampf, pas loin de chez moi. Le Canard enchaîné et Le Parisien. Sur le Net, je lis Libération, Le Figaro J'achète L'Humanité pour les soutenir, mais je ne le lis pas car ça m'emmerde. Et enfin Courrier international. Les papiers écrits par des journalistes locaux. En ce moment, je lis ceux d'O Globo ; le Brésil est dans une sacrée merde C'est un pays que je connais bien et je suis en ce moment dans une association avec Pierre Richard, Nicolas Hulot – enfin, je crois qu'il en fait encore partie – et Paul Watson, un écologiste canadien, pour soutenir le chef Raoni et les Indiens d'Amazonie.

Y a-t-il encore de l'engagement dans le rock français ?

Plus vraiment. Il y a beaucoup de dandys fatigués. Reste le monde du rap

Comment luttez-vous contre l'embourgeoisement qui guette tout artiste à succès ?

Moi, je suis moitié gangster, moitié gaucho, donc ça va ! Pendant longtemps, je vivais à l'hôtel. Puis j'ai loué un appartement au-dessus de chez Bertrand Tavernier (réalisateur de L'Appât, entre autres, NDLR). Il mettait la musique à fond tout le temps. Du jazz New Orleans souvent. Je n'aime pas les bourgeois. Je ne vais pas dans les pince-fesses. Je fréquente beaucoup de gens normaux. Ou décalés et barrés. Et des garagistes, car j'aime réparer des vieilles bagnoles.

Bernard Lavilliers, le 18 septembre à Ground Control, un immense bar éphémère installé dans le quartier de la gare de Lyon. (Brigitte Baudesson pour Le Parisien Magazine)

C'est votre vingt et unième album. Comment trouvez-vous encore la force et l'envie d'écrire ?

C'est ce que m'a demandé Souchon la dernière fois : « Comment tu fais ? Moi, j'ai deux chansons, là, seulement. » J'ai un contrat avec moi-même. Rester comme ça, c'est une décision. C'est comme ne pas croire en Dieu. Je n'ai rien contre ceux qui y croient, mais souvent je me dis, quand même, « c'est bizarre ».

Qui sera votre tête de Turc dans vos prochains concerts ? Il y a eu Sarkozy, Le Pen, de Villiers Ça pourrait être Macron ?

Attends, laisse-le, lui : il est trop mignon (rires) ! Ça fait quatre mois qu'il est là. Sarko parlait un français épouvantable. Ce n'est pas le cas de Macron. Mais après, son ni droite ni gauche, ça me laisse pantois. C'est comme Dieu, je n'y crois pas trop

Dans votre album, vous évoquez Verlaine, Apollinaire ou Seghers, qui était éditeur de poésie. Qui sont les Baudelaire d'aujourd'hui ? Les chanteurs ?

Je chante les poètes, et en cela je suis un passeur. Ferré m'avait fait découvrir des poèmes de Rimbaud. Il y a des acteurs comme Fabrice Luchini ou Pierre Richard, qui transmettent la poésie. Et, entre deux morceaux rock en concert, je peux lire Le Nuage en pantalon, de Vladimir Maïakovski. Les gens aiment encore la poésie. Mais des poètes d'aujourd'hui, je n'en connais pas beaucoup.

Vous auriez aimé faire partie des Vieilles Canailles (le trio composé de Jacques Dutronc, Johnny Hallyday et Eddy Mitchell) ?

Je ne suis pas de leur bande. Ils se connaissent bien. Mais je trouve qu'ils ont raison de faire ça. C'est vraiment chouette.

Avec qui feriez-vous « vos » Vieilles Canailles ?

Pourquoi pas avec Jacques (Higelin, NDLR) ? François Béranger, s'il était encore là. Renaud, j'aurais pu, mais je ne sais pas sur quelle planète il est en ce moment. Quand il a dit qu'il voterait pour Fillon, c'était n'importe quoi ! Il a le droit de ne plus aimer la gauche. De ne pas voter. Mais là, franchement

« Quand j'ai le blues, je me cache pour ne pas contaminer les autres » (Brigitte Baudesson pour Le Parisien Magazine)


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